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23 mars 1961 : réhabilitation du terrible chef-d’œuvre de Prokofiev

23 mars 1961 : réhabilitation du terrible chef-d’œuvre de Prokofiev
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Instant classique – 23 mars 1961… 57 années jour pour jour. Sergueï Prokofiev et Sergueï Eisenstein avaient déjà collaboré en 1938 pour le film Alexandre Nevski, l’une des grandes fresques historiques du cinéaste soviétique.

Ce dernier demande donc au compositeur d’écrire une nouvelle partition pour une autre fresque, Ivan le Terrible.

Sergueï Prokofiev se met au travail en 1942, en pleine guerre, et achève la partition en 1945, ce qui donne une idée de l’ambiance. La parfaite collaboration entre les deux hommes est telle que Sergueï Prokofiev compose des pièces entières qui inspirent Sergueï Eisenstein pour ses scènes, et vice-versa

Mais une fois le film et sa musique achevés, les deux artistes vont une fois de plus se mesurer à la terrible censure stalinienne. Tant que la première partie s’attache à montrer l’ascension d’Ivan et la puissance russe, tout va bien. Le prix Staline sera même attribué à l’œuvre. Mais, dans un second temps, le portrait d’un Ivan plus tourmenté, indécis, violent jusqu’à la folie, et les manigances terrifiantes des Opritchniks, police d’État créée par le tsar, provoquent les critiques indignées des apparatchiks qui, faisant d’eux-mêmes le parallèle avec Staline, ne peuvent concevoir qu’on le dépeigne ainsi.

Interdite, l’œuvre ne sera jamais représentée ni jouée jusqu’à ce 23 mars 1961. Sergueï Eisenstein est mort depuis treize ans, Sergueï Prokofiev depuis huit. Le chef Abraham Stassevitch monte un oratorio pour solistes, chœur et orchestre, reprenant quasiment les vingt-cinq numéros de la partition, avec cependant une fidélité à celle-ci très perfectible.

La partition, justement, est sans cesse parcourue par un souffle épique tout à fait attendu dans ce type de répertoire et que Sergueï Prokofiev réussit à merveille. Dès l’ouverture, il nous prend à la gorge, avec cette avalanche de cordes incroyables, qu’on entend particulièrement distinctement dans cet enregistrement – qui fait aujourd’hui référence – du jeune Riccardo Muti, il doit y avoir 40 ans.

Ouverture martiale, pleine de colère, dont le chœur annonce ici le caractère tragique et grandiose.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »



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