Instant classique – 23 octobre 1931… 89 ans jour pour jour. Igor Stravinsky compose un concerto pour violon qui, s’il n’aura pas la même popularité que ceux de Beethoven, Tchaïkovsky ou Brahms, n’en est pas moins très abordable et attachant.

C’est le patron des éditions Schott, W. Stecker, qui demande à Igor Stravinsky d’écrire un concerto pour violon qui serait destiné au virtuose Samuel Douchkine. Ce dernier suivra d’ailleurs de très près la composition, pour donner au compositeur les indications techniques qui permettront à la partition d’aborder tous les registres de l’instrument.

Stravinsky découpe son œuvre en quatre mouvements, qui sont autant de climats tout à fait différents : le premier, la toccata, adopte un rythme rapide, un peu mécanique alla Bach ; le second est une aria dans laquelle le violon et l’orchestre semblent se répondre en s’invectivant gentiment ; le troisième est une autre aria très désolée, douloureuse, comme une confession déchirante, avant que le quatrième ne fasse écho au premier avec une certaine exubérance guillerette.

Ce concerto, évidemment moins populaire que ceux de Beethoven, Tchaïkovsky ou Brahms (dont il partage la tonalité en ré), n’en reste pas moins très abordable et attachant. C’est son dédicataire qui le crée voici quatre-vingt-sept ans à Berlin, sous la direction qu’on imagine sèche et implacable de l’auteur.

Ici, point de sécheresse, mais toute la souplesse féline et malicieuse qu’on aime tant chez Seiji Ozawa et la poésie du violon d’Itzhak Perlman.

Cédric MANUEL

 



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