Instant classique – 18 octobre 1855… 165 ans jour pour jour. Édouard Lalo compose un concerto pour violon, convaincu d’avoir produit une œuvre de belle facture. Un avis qui n’est guère partagé par tous, si bien que la pièce tombe dans l’oubli malgré un mouvement lent fort joli, d’un calme très reposant.

En 1879, Édouard Lalo – qui a alors cinquante-six ans – compose un nouveau concerto pour violon, qu’il destine d’abord à Pablo de Sarasate. Cette œuvre « diffère par sa couleur, qui résulte de la nature des chants dont je me suis servi« , dit-il au virtuose, qui l’ignore superbement. Même pas mal, il trouvera un autre dédicataire, Martin Marsick, qui le crée sous la direction d’Édouard Colonne au théâtre du Châtelet voici tout juste cent quarante ans.

Alors pourquoi un « concerto russe » ? Parce que Lalo s’inspire de deux mélodies populaires russes : « Les cloches de Novgorod » et les « Les Cloches sonnaient au village d’Evlachévo », une volée de cloches qu’on n’entend pas spontanément, mais peu importe.

L’auteur de la valse de la cigarette (dans son ballet Namouna, dont on reparlera) était convaincu d’avoir produit une œuvre de belle facture, qui a un peu sombré dans l’oubli et qui n’est certes pas sa meilleure. Le mouvement lent de ce concerto, cependant, est fort joli, d’un calme très reposant. Il est justement intitulé « Chants russes ». Zen, zénitude, zénifiant.

Cédric MANUEL

 



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