Instant classique – 24 septembre 1923… 96 ans jour pour jour. Ernö Dohnányi (1877-1960), grand-père de l’actuel chef d’orchestre Christoph von Dohnányi, est l’un des compositeurs hongrois les plus important du début du XXe siècle, même s’il n’a pas l’aura de son contemporain Belá Bartók, qu’il rencontre à l’académie de musique de Budapest et qui devient son ami.

Il se fait d’abord connaître comme pianiste, mais commence assez jeune à diffuser des compositions. Il sera également un grand pédagogue qui formera toute une génération d’interprètes hongrois de toute première importance : les pianistes Geza Anda, Annie Fischer et György Cziffra ou encore le chef mais aussi pianiste virtuose Georg Solti feront partie de ceux-là.

Compositeur très habile, il est souvent très influencé par les nombreuses musiques de folklore qu’on entend partout dans son pays natal, mais il restera attaché à la forme et au style du XIXe siècle, fidèle notamment à Brahms (lequel n’était pas un moderniste invétéré…), sans oser toutes les audaces de son ami Bartók, ni même celles de Kodály, autre grand hongrois contemporain.

Dohnányi a souvent dû combattre des régimes politiques qui lui reprochaient son manque de soumission. Il est ainsi tour à tour adversaire des nazis et des communistes et finira sa vie loin de son pays, aux États-Unis, comme tant d’autres de ses confrères et amis.

Ruralia hungarica est l’un des exemples les plus remarquables de l’influence sur sa musique des chants populaires hongrois. Il en fait d’abord une œuvre pour piano qui est présentée à Pecs il y a tout juste quatre-vingt-seize ans aujourd’hui. Il s’agit de sept mouvements assez brefs dont il tire ensuite une version pour orchestre, puis une autre pour violon et piano.

En voici un extrait de la partition originale pour piano seul, le second de ces sept mouvements, « presto ma non tanto ». À noter que l’interprète que l’on entend ici a un peu oublié le « non tanto » !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »