Instant classique – 25 novembre 1910… 109 ans jour pour jour. À la fin du XIXe siècle, l’Institut synodal de Moscou relance la grande tradition de la musique de l’Église russe orthodoxe, au service de laquelle se mettent plusieurs compositeurs et chefs de chœur.

Tchaikovsky, passionné par le sujet, avait déjà composé une liturgie de Saint-Jean-Chrysostome en 1880. Trente ans plus tard, Sergueï Rachmaninov s’en inspire pour composer la sienne, demandant conseil sur le sujet à l’un des grands chefs de chœur de l’époque, Alexandre Kastalsky. Cette nouvelle liturgie est au croisement de la tradition et des nouvelles libertés d’écriture déjà proposées par Tchaïkovsky ou Taneiev, autre grand compositeur spécialiste des chœurs.

Rachmaninov utilise le principe d’orchestration chorale, cette superposition des voix qui exploite toutes les nuances des timbres comme le ferait une orchestre, et réalise ainsi une œuvre qui peut tout à la fois constituer un concert ou un office, puisqu’elle est très fidèle au déroulement de ce dernier.

Le résultat est souvent saisissant, comme le montre et extrait, même pour l’indécrottable mécréant qui écrit ces lignes. La musique n’a fort heureusement pas de religion, mais elle a (souvent) une âme.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »