Instant classique – 26 novembre 1837… 183 années jour pour jour. Frédéric Chopin compose deux nouveaux nocturnes, alors qu’il vient de rencontrer George Sand… une double œuvre qui en porte la trace ?

C’est fin novembre 1837 (peut-être le 21 et non le 26) que sont publiés deux nouveaux nocturnes de Frédéric Chopin, à Londres, chez l’éditeur Wessel. Composées en 1836-37, elles portent peut-être la marque des premiers sentiments de Chopin pour George Sand, puisque la fameuse rencontre a lieu à ce moment-là. Les premières impressions sont pourtant très négatives : « Qu’elle est antipathique cette Sand !, dit-il à son ami Hiller. Est-ce bien une femme ? J’arrive à en douter. » Les mois suivants changeront cette impression du tout au tout.

Le second nocturne, que j’ai choisi, a un rythme qui fait davantage penser à une romance. C’est d’ailleurs tout à fait limpide dans le titre que Chopin a donné aux deux pièces : Il lamento e la consolazione… L’op. 32 n°1 est en effet plus sombre.

Les nocturnes sont cependant dédiées à la baronne de Billing, qui était l’une de ses élèves. Les cours de piano lui avaient d’ailleurs permis d’assurer son intégration parisienne et de lui donner une vraie aisance matérielle, tout en lui laissant le temps de composer.

De cet opus 32 n°2, Franz Liszt – grand ami de Chopin – disait que la mélodie parsemée de motifs décoratifs et gracieux soulignait « l’imprévu et la variété que ne comportait pas la voix humaine ».

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »