Instant classique – 28 juin 1835… 185 ans jour pour jour. On ne sait rien des conditions de la composition du cinquième quatuor de Luigi Cherubini, si ce n’est qu’il commence à l’écrire le 25 février 1835 et qu’il le termine voici tout juste cent quatre-vingt-cinq ans aujourd’hui.

On sait bien sûr que Luigi Cherubini est à ce moment là, et ce depuis treize ans, le redoutable et redouté directeur du Conservatoire de Paris – redouté mais admiré par beaucoup de ses contemporains (Haydn, Beethoven) ou successeurs (Schumann, Brahms, Wagner).

Le cinquième est l’avant-dernier de ses quatuors, dont je dois vous dire qu’ils sont tout à fait injustement négligés, car ce sont de vrais chefs-d’œuvre. C’est le plus court des six mais je n’en ai malheureusement pas trouvé d’enregistrement intégral d’un seul tenant. Il s’inscrit dans la lignée classique, ignorant un peu le romantisme ambiant, et fait penser à un Haydn qui aurait pris du coffre. Les quatre mouvements sont tous très intéressants, très réussis, très exaltants.

Aujourd’hui, sans doute parce que c’est mon état d’esprit, c’est l’adagio que je vous propose, d’une beauté âpre derrière une apparente simplicité. On peut compter sur le quatuor Melos pour vous en rendre toute la subtile atmosphère.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »