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28 juin 1841 : le coup de ballet d’Adolphe Adam

28 juin 1841 : le coup de ballet d’Adolphe Adam
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Instant classique – 28 juin 1841… 178 ans jour pour jour. Giselle, d’Adolphe Adam, est supposé être une sorte de pièce fondatrice des grands ballets romantiques, créée à l’Académie nationale de musique voici tout juste cent soixante-dix-huit ans.

Adam y synthétise en effet des styles divers, propres à se mettre au service d’un argument très à la mode, dont la première idée est tirée de Fantômes, poème des Orientales, du cher Totor. Dans ce poème, une jeune Espagnole, par excès d’amour, danse jusqu’à en mourir. Mais c’est Théophile Gautier qui découvre dans un poème d’Heinrich Heine les fameuses « willis », fantômes de jeunes mariées mortes-vivantes, un peu vampires, qui poursuivent leur ancien fiancé pour lui faire sa fête (macabre). Plus tard, Puccini en fera un opéra.

Mais pour l’heure, Gautier en parle à Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges, lequel écrit le livret du ballet confié à Adolphe Adam. L’œuvre est créée dans une chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot pour la légende de la danse qu’est alors la jeune italienne Carlotta Grisi.

L’histoire est assez simple et se résume ainsi : Giselle, paysanne un peu naïve, aime Albrecht, un noble fort bien de sa personne. Mais elle découvre qu’il est fiancé à une princesse. Le cœur brisé, elle meurt. La voilà chez la reine des Willis, qui décrète que ledit Albrecht doit subir le même sort et le condamne à danser jusqu’à la mort. Mais Giselle, pas rancunière, va le sauver en laissant son esprit danser avec lui.

La création de ce chef-d’œuvre (que j’ai toujours trouvé assez soporifique, mais les goûts et les couleurs…) est un triomphe. On tresse des couronnes à Adam qui a alors trente-huit ans. Théophile Gautier n’est pas déçu : « La musique de Monsieur Adam est supérieure à la musique ordinaire des ballets ; elle abonde en motifs, en effets d’orchestre ; elle contient même, attention touchante pour les amateurs de musique difficile, une fugue très bien conduite. Le second acte résout heureusement ce problème musical du fantastique gracieux et plein de mélodie. »

Car le fait est qu’Adam est doté d’un vrai sens mélodique. C’est déjà ça. On vous a dit « classique du ballet romantique » ? Eh bien en voilà du classicou et pas à moitié, à l’Opéra de Paris, évidemment.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



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