Instant classique – 28 mars 1800… 220 ans jour pour jour. C’est le dernier concerto écrit par Haydn, en 1796. Il a encore treize ans devant lui, mais il réalise là sa toute dernière partition purement orchestrale. Il fera ensuite ses deux merveilleux oratorios, Les Saisons et La Création, et pas mal de musique de chambre.

Mais alors pourquoi la trompette ? C’est parce que son ami Anton Weidinger, trompettiste à la Cour impériale, vient d’inventer un nouvel instrument, une trompette à clés capable de jouer sur deux octaves tous les degrés de la gamme chromatique. Voilà Joseph Haydn, à soixante-quatre ans, complice d’une grande innovation technique. C’est bien sûr Weidinger qui crée le concerto voici deux cent vingt ans à Vienne et en public.

Notre papa Haydn mobilise toutes les potentialités de l’orchestre, dans le droit fil de sa cent-quatrième et dernière symphonie, la fameuse Londres, composée un an avant ce concerto. D’où un allegro initial assez alerte, qui exploite d’emblée toutes les potentialités de l’instrument soliste. Le thème initial de l’andante rappellera l’hymne national autrichien et ce n’est pas un hasard, puisque Haydn le composera en 1797. Le finale est virtuosissime et très réjouissant.

Et dire que cette partition n’a été publiée que plus d’un siècle après et que personne ne la connaissait avant… Il faut dire qu’il n’existait qu’un seul et unique manuscrit autographe.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »