Pour les 50 ans de l’unification de Budapest, Zoltán Kodály compose ses Danses de Marosszék, une partition de 15mn qui vaut tous les voyages du monde. Écoutez plutôt !

Zoltán Kodály (1882-1967) est un compositeur qu’on ne joue pas assez par ici, contrairement à son ami Bartók dont il n’égale certes pas le génie, alors que c’est clairement l’un des plus grands musiciens de son époque, aussi célèbre que son confrère lorsqu’on demande aux gloires musicales nationales d’écrire des œuvres nouvelles pour les cinquante ans de l’unification de Buda et de Pest en 1927.

Bartók propose sa Suite de danses pour orchestre. Pour ne pas le concurrencer sur ce terrain orchestral, Kodály présente quant à lui une série de danses, mais qu’il laisse dans leur version pour piano, et qu’il baptise Danses de Marosszék. Pourtant, Kodály avait bien prévu de livrer une partition pour orchestre, où il excelle dans des couleurs et des rythmes qui s’inspirent beaucoup, comme chez Bartók mais avec un style totalement différent, des folklores régionaux. Il reprend donc son projet et orchestre ces danses qui sont ainsi créées voici quatre-vingt-onze ans aujourd’hui.

Kodály s’inspire cette fois du folklore de Transylvanie, et il donne à ces danses le nom d’un village de la région sicule, autrefois hongrois, et aujourd’hui en Roumanie (pour les danses de Galanta, trois ans plus tard, ce sera le folklore tzigane) ; il propose six courtes pièces qui s’enchaînent, dont un rondo, trois interludes et une coda endiablée, le tout en moins d’un quart d’heure qui vous fera voyager en Europe centrale, surtout avec l’orchestre du Festival de Budapest dirigé par son chef et créateur, Iván Fischer !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
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