3 mars 1899 : Richard Strauss n’est jamais mieux servi que par lui-même

3 mars 1899 : Richard Strauss n’est jamais mieux servi que par lui-même
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Instant classique – 3 mars 1899… 120 ans jour pour jour. Dernier grand (et long !) poème symphonique pour grand orchestre composé par Richard Strauss, Une vie de héros parle de l’expérience de l’homme et de l’artiste… Mais avec Richard Strauss, on n’est jamais bien loin de… Richard Strauss.

Alors bien sûr, ce portrait inégal, c’est lui, et on ne voit pas très bien de quel autre héros il pourrait s’agir. Narcissique jusqu’au bout de la plume, Strauss a eu au moins la présence d’esprit de ne pas dédier sa partition à lui-même, mais au chef Wilhelm Mengelberg et à l’orchestre du Royal Concergebouw d’Amsterdam. Pourtant, c’est à Francfort que cette longue description de la vie d’un artiste est présentée, sous la direction de l’auteur qui était, faut-il le rappeler, un excellent chef d’orchestre.

C’est un triomphe colossal. Romain Rolland, qui entend l’œuvre à Düsseldorf, écrit : « Je vois des gens frémir, presque se lever à certains passages. À la fin, dans l’ovation qu’on fait, les couronnes qu’on offre, les trompettes sonnent, les femmes agitent leur mouchoir » !

Six parties composent le poème :
– on présente d’abord le thème du héros (1) ;
on décrit ses adversaire, scherzo un peu grotesque qui dénonce les médiocres (tout le monde ne peut pas être un héros, hein) (2) ;
– on présente la compagne du héros, « scherzo capriccioso »… où Strauss décrit toutes les caractéristiques prêtées à Mme Strauss, réputée imprévisible… (3) ;
– puis le héros va combattre, incroyable et écrasante bataille de cuivres et de percussions. Évidemment, le héros gagne à la fin… (4) ;
– puis il produit ses « œuvres de paix », et là, histoire de ne pas oublier de qui on parle, Strauss cite des extraits de ses poèmes symphoniques Don Juan et Ainsi parlait Zarathoustra entre autres… (5) ;
– avant que le héros ne se retire, dans l’accomplissement, très belle fin pour une œuvre inclassable et l’une des plus narcissiques de l’histoire de la musique (6).

Voici ce finale, avec un document historique : il est dirigé à Vienne par Richard Strauss lui-même en 1944. Certes, on imagine qui il pouvait y avoir dans la salle. Il vaut donc mieux se concentrer sur la musique, d’autant que le son est plutôt correct malgré les craquements.

Des héros, on en connaît tous, hein. Souvent ils risquent leur vie pour les autres, alors c’est à eux qu’on va dédier ce beau finale. Ils ne se reconnaîtront pas, car souvent, les vrais héros ne savent pas qu’ils en sont !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



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