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30 avril 1902 : Debussy et Maeterlinck en coqs batailleurs

30 avril 1902 : Debussy et Maeterlinck en coqs batailleurs
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Instant classique – 30 avril 1902… 116 années jour pour jour. Tout avait pourtant bien commencé. Claude Debussy avait lu la pièce de Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande, au moment de sa création en 1892.

Claude Debussy avait demandé à l’auteur s’il pouvait la mettre en musique, y voyant le cadre idéal pour son grand projet lyrique, lui qui n’avait qu’effleuré le genre avec un très incomplet Rodrigue et Chimène, qu’il méprisait d’ailleurs. La collaboration avec le dramaturge avait été parfaite et l’œuvre complète était prête en 1898.

Mais une sombre histoire de coqs mit un premier grain de sable dans l’engrenage de la création. Maurice Maeterlinck voulait imposer sa femme, Georgette Leblanc, pour le rôle de Mélisande. Claude Debussy s’y refusait, préférant imposer une jeune cantatrice, Mary Garden, avec l’aide du directeur de l’Opéra-Comique où doit se dérouler la première. Maeterlinck répandit alors son fiel dans la presse, cria au pillage de son œuvre, fit un procès et en arriva même à provoquer Debussy en duel. Les répétitions se passèrent dans une atmosphère de scandale, le public présent raillant sans cesse ce qu’il entendait dans le plus grand désordre. Par exemple, à Mélisande qui lâche à Golaud un « je ne suis pas heureuse », un spectateur répond en criant « nous non plus ! ».

Lors de la création, un peu comme près de 75 ans plus tôt avec Hernani de Hugo, de jeunes défenseurs du compositeur vinrent faire la claque et, le cas échéant, le coup de poing pour imposer leur champion. Leur dévouement empêcha le naufrage, suscitant même l’enthousiasme.

Célèbre, l’opéra de Debussy n’est sans doute pas le plus « populaire », ni le plus accessible, loin s’en faut. Mais le compositeur y déploie toute sa science harmonique et son sens des atmosphères, comme si nous voyions l’histoire à travers les ondes d’un étang, le tout avec une infinie palette de couleurs, le plus souvent pastel.

Les grandes productions de l’œuvre sont nombreuses (Lavelli/Baudo, Strosser/Gardiner, Stein/Boulez, Vitez/Abbado etc). En voici une plus récente, dans les lieux même de la création, avec Stéphane Braunschweig à la mise en scène et John Eliot Gardiner au pupitre. La scène de la tour nous permet d’y entendre les trois principaux protagonistes, Karen Vourch en Mélisande, Philippe Addis en Pelléas et Marc Barrard en Golaud. De la belle ouvrage, pour ceux qui aiment cet opéra (il y en a). 

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »



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