4 mai 1924… 97 ans jour pour jour – Miaskovski compose sa sixième symphonie, qui lui demande deux ans de travail. Une œuvre parcourue de moments sombres et même funèbres, le compositeur ayant perdu plusieurs proches, dont son père et un ami intime, et marquée par quelques airs révolutionnaires bien connus…

Lorsqu’il aborde sa sixième symphonie, qui est sans doute la plus intéressante de ses vingt-sept, Nikolaï Miaskovski veut construire une partition monumentale qui constituerait une rétrospective révolutionnaire. Elle lui coûtera deux ans de travail entre 1921 et 1923. Pourtant, il n’y pas que l’exaltation révolutionnaire : l’œuvre est parcourue de moments sombres et même funèbres. Le compositeur vient en effet de perdre son père, sa tante et un ami proche, Alexander Revidzev, et cela se ressent.

Par un curieux hasard, il écrit sa sixième en partie là où Tchaïkovski a écrit la sienne, à Klin… C’est dans le finale que ces sentiments contradictoires se côtoient avec le plus de flamboyante et d’intérêt. Son ami le peintre Lopatinsky, qui avait vécu à Paris, lui avait chanté quelques chansons révolutionnaires bien connues : La Carmagnole et ça ira en particulier, qui s’entremêlent avec des appels plus sombres et notamment le très reconnaissable Dies Irae médiéval, si fréquent dans les partitions des XIX et XXe siècles, mais aussi un chant para-liturgique des Vieux-Croyants russes, La séparation de l’âme et du corps, avec participation du chœur.

La création, voici quatre-vingt-dix-sept ans au Bolchoï sous la direction de Golovanov, est un grand succès et on peut compter sur le colossal Neeme Järvi pour exalter ce finale spectaculaire.

Cédric MANUEL



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Rubrique : éphéméride