5 mai 1819… 202 ans jour pour jour –Aujourd’hui, nous fêtons non seulement le bicentenaire de la mort de Napoléon, mais également l’anniversaire de Stanislaw Moniuszko, le père de la musique polonaise moderne. La preuve avec cette ouverture d’opéra caractéristique de son style, très plaisante, avec un sens mélodique très sûr.

Le 5 mai, c’est peut-être l’anniversaire de la mort de Napoléon, et même le bicentenaire cette année ; mais c’est aussi celui de la naissance de Stanislaw Moniuszko… Certes, il est inconnu en France. Je ne suis même pas certain qu’on y ait joué une seule de ses partitions ces dernières années. Mais je ne vais pas vous asticoter à nouveau avec mes histoires de programmations de salles de concert ou d’opéra trop “monocolores”…

Moniuszko, c’est tout simplement le père de la musique polonaise moderne, qui a essentiellement composé des œuvres pour l’opéra. En raison des frontières complexes et mouvantes, au gré des tourments historiques, il naît près de Minsk voici tout juste deux siècles et vit très longtemps à Vilnius. Il n’en est pas moins Polonais ! Son œuvre, qui ne compte pas énormément de numéros car ses activités ont largement dépassé le seul cadre de la composition, à l’instar des compositeurs contemporains en Bohème ou en Hongrie mis aussi en Russie, mêle les influences tout en faisant appel aux chants populaires locaux, synthèse qui caractérise les musiques dites « nationales », qu’on a tôt fait de confondre avec le terme « nationaliste », ce qui serait un vil raccourci.

J’ai eu l’occasion par le passé de vous parler de l’opéra Halka, son oeuvre emblématique, il y a aussi le Manoir hanté, un peu plus joué à l’Ouest comme on dirait, mais j’ai choisi pour fêter cet anniversaire l’une des dernières partitions achevée de son auteur (qui est mort relativement jeune, d’une attaque cardiaque à Varsovie, en 1872), l’opéra Le paria et son ouverture. Ce n’était certes pas un paria dans son pays puisque ses funérailles seront, elles aussi, nationales.

Cette ouverture du Paria est très caractéristique de son style, très plaisant, avec un sens mélodique très sûr et qui ne cherche pas midi à quatorze heures. Pédagogue, Moniuszko sera d’ailleurs aussi l’auteur d’un traité d’harmonie. Alors, joyeux bicentenaire + deux ans. Ça devrait vous changer de l’autre bicentenaire, à propos duquel vous pouvez écouter la cantate Le Cinq Mai de Berlioz, créée un 22 novembre, mais qui vous en parle !

Cédric MANUEL



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Rubrique : éphéméride