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7 juin 1928 : Albert Roussel et son piano qui va plus loin que les doigts

7 juin 1928 : Albert Roussel et son piano qui va plus loin que les doigts
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Instant classique – 7 juin 1928… 91 ans jour pour jour. Trois petits mois. C’est le temps qu’il a fallu à Albert Roussel, notre marin-compositeur (il n’était pas le seul) pour composer son concerto pour piano et orchestre, dédié à Lucie Caffaret, jeune pianiste virtuose.

Il est créé à Paris voici tout juste quatre-vingt-onze ans sous la baguette de Serge Koussevitsky, avec Alexandre Borovsky au piano. C’est une œuvre brève (moins de vingt minutes pour les trois mouvements traditionnels), mais qui est bigrement originale. Le piano n’est pas foncièrement traité en soliste, il est fondu dans l’orchestre (« il y est tenu avec fermeté à sa place, qui n’est que d’ajouter aux timbres de l’orchestre », disait Alfred Cortot, grand défenseur de la partition) ; et de ce fait il ne contient pas de moment strictement virtuose, propre à séduire les grands pianistes qui veulent en mettre plein les mirettes.

C’est peut-être pourquoi il n’est pas très connu. C’est d’autant plus dommage qu’il s’agit d’une œuvre très différente des autres concertos, d’une sauvagerie implacable dans son premier mouvement, inquiétant et suspendu dans son second et enfin plus apaisé et dansant dans son finale.

Paul Dukas disait que cette œuvre réclamait pour le piano un « toucher plus rare et qui vient de plus loin que les doigts ». Essayez donc, pour voir !

 Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



 

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