Instant classique – 8 février 1823… 197 ans jour pour jour. Lorsque Schubert compose cette sonate, en février 1823, tout va mal. La maladie latente, cette syphilis qui attend son heure pour dévorer tout ce qu’elle pourra trouver, commence à le harceler.

Toute l’année 1823 sera une succession de rechutes et de rémissions qui laisseront Franz Schubert épuisé et profondément déprimé. Cette sonate est par ailleurs très isolée dans la production schubertienne. La précédente est de quatre ans antérieure et il n’y en aura pas d’autre avant deux ans. Elle est parcourue de cette inquiétude qui étreint le jeune homme (il a alors vingt-cinq ans). Il n’en verra jamais ni l’exécution, ni la publication de son vivant.

C’est Diabelli qui publie cette œuvre en 1839, dix ans après la mort du compositeur. Violente dans ses contrastes, sans un instant de répit, on pourrait la croire jaillie du tréfonds de Schubert, d’un trait brut. Mais en réalité, il l’a beaucoup corrigée, amendée, comme on peut le voir sur la partition autographe. Et s’il aimait cette œuvre noire, c’est qu’il s’y retrouvait.

La voici par Sviatoslav Richter qui souligne ces contrastes ne laisse pas davantage de répit.
Malgré un public audible et un peu envahissant.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
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