8 janvier 1972… 46 ans jour pour jour. Deux ans après une 14e symphonie d’une noirceur morbide, Dimitri Chostakovitch achève sa 15e et dernière symphonie. Affaibli, il compose pourtant une œuvre plus optimiste, presque sereine. Dans le premier mouvement, qu’on entend ici, il replonge dans l’enfance, avec des rythmes guillerets qui font penser à une danse des jouets.

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Ici et là, une citation très claire de la fameuse cavalcade de l’ouverture de Guillaume Tell de Gioachino Rossini vient ponctuer un passage qui n’évite pas les moments sombres. 

Le dernier mouvement de la symphonie, long adagio hésitant, renouera dans les dernières mesures, pleines de finesse, avec l’esprit enfantin du début. 

Quelques semaines après avoir posé son crayon, il aura une attaque et n’écrira presque plus (2 quatuors, quelques mélodies et une sonate, tout de même) jusqu’à sa mort, en août 1975. 

Ce 8 janvier 1972, c’est son fils Maxime, qu’on entend ici, qui crée l’œuvre à Moscou et l’enregistre dans la foulée.

Cédric MANUEL