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Alela Diane : une chanteuse, deux grossesses et beaucoup de discriminations

Alela Diane : une chanteuse, deux grossesses et beaucoup de discriminations
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« Oh, elle va avoir un enfant, sa carrière est finie… » : Alela Diane a entendu ce type de remarques lorsqu’elle cherchait un nouveau label, mais pas de quoi décourager la chanteuse folk américaine, âgée de 34 ans et désormais maman, qui revient en grâce avec l’album Cusp.

[avec AFP]

Karline Marion n’est pas la seule à être victime de discriminations pour être enceinte. Tandis que la jeune danseuse a obtenu gain de cause devant le tribunal, la chanteuse américaine est parvenue à sortir son sixième album après une traversée sans label.

« Enceinte de Vera, je cherchais un nouveau label, raconte-t-elle. Du fait de ma grossesse, il apparaissait évident que certaines personnes n’étaient pas intéressées. C’est une réalité. C’est une discrimination dure à vivre. Cet argument comme quoi on ne pourrait pas être capable de tenir les engagements d’une tournée, ce n’est pas acceptable. Certes, les tournées seront moins longues, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas. »

Cusp signifie être à l’orée de quelque chose… comme un écho à la maternité pour celle qui l’a conçu entre les naissances de ses deux filles, Vera, 4 ans, et Oona, 11 mois.

« Une femme qui a des enfants s’éloigne de sa jeunesse. La fraîcheur la quitte. C’est difficile de poursuivre sa carrière dans l’industrie musicale quand on est mère de famille. Mais c’est possible. Au moment d’entamer le mixage, j’ai dû accoucher en urgence. Oona est venue au monde prématurée. La priorité était de s’occuper d’elle. »

 

De passage à Paris début février pour en assurer la promotion, Alela Diane confie qu’il lui en coûte d’avoir laissé ses filles chez elle à Portland. La voilà qui expérimente la situation telle qu’elle redoutait de la vivre dans « Albatros », la chanson qui ouvre son album.

Alela Diane, album Cusp (couverture)« La maternité est une chose intense, on y consacre tout son temps. J’avais vraiment besoin de me retrouver seule, pour mieux me focaliser sur mon travail, sans distraction. Ayant grandi à la campagne, je n’ai pas vraiment été perturbée par les conditions. »

La Californienne est allée au bout de sa démarche et de la thématique de « Cusp » en transposant en images l’intimité de ses mots, s’affichant avec Oona dans le tendre clip d' »Émigré ». Avec son titre en français, cette chanson sur le drame des réfugiés lui a été inspirée par la terrible photographie d’Aylan, cet enfant syrien échoué sans vie sur une plage turque en 2015.

« Ma maternité m’a permis de mieux comprendre certaines choses. Ma mère m’a souvent répété que j’étais une enfant difficile car je pleurais tout le temps. Ma fille aînée est comme ça. Et c’est très dur à gérer. J’ai longtemps mal jugé ma mère, je lui reprochais de ne pas prendre soin de moi. Quand Vera est née, j’ai ressenti pour la première fois de l’amour maternel. Et j’ai enfin compris que ma mère m’aimait plus que je ne l’aimais. »

 



Photographies – Alela Diane (DR)



 

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