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10 février 1878 : cet impossible bonheur traduit en symphonie par Tchaïkovsky

10 février 1878 : cet impossible bonheur traduit en symphonie par Tchaïkovsky
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Instant classique – 10 février 1878… 140 ans jour pour jour. En 1877, Piotr Ilitch Tchaïkovsky avait commencé une relation épistolaire avec Nadejda von Meck, riche admiratrice du jeune compositeur, qui lui versait une pension pour qu’il n’ait rien d’autre à penser que composer. Tchaïkovsky lui dédie donc cette 4e symphonie, achevée cette année-là et créée à Moscou le 10 février suivant, sans aucun succès. Le triomphe allait se faire attendre plusieurs mois.

Dans une de ses nombreuses lettres, Piotr Ilitch Tchaïkovsky explique toute sa symphonie, assumant totalement le fait qu’il s’agisse d’un véritable programme. Elle est tout entière traversée par le « fatum », cette force irrésistible qui empêche d’accéder au bonheur, quel que soit le moment, même dans l’apaisement.

Autour de cela, le compositeur construit une fresque irrésistible. Le 1er mouvement pourrait constituer une symphonie à lui seul ; le second est d’une tendresse empreinte de tristesse ; le troisième relève du génie, avec son long pizzicato et ses arabesques. Et puis vient le finale.

Tchaïkovsky écrit : « Si tu ne trouves aucun motif de joie en toi-même, regarde les autres. Vas dans le peuple, vois comme il sait s’amuser en s’adonnant aux sentiments d’une joie sans partage. C’est le tableau d’une grande fête populaire. Mais à peine as-tu cessé de penser à toi et t’es-tu laissé captiver par le spectacle du bonheur des autres, que l’implacable fatum revient et se rappelle à ton souvenir. Mais les autres n’ont que faire de toi. Ils ne se sont même pas retournés. Comme ils sont heureux de leurs sentiments simples et spontanés ! Quant à toi, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même, alors ne dis pas que tout est triste en ce monde. Il existe des joies simples, mais fortes. Réjouis toi de la vie des autres, on peut quand même vivre… »

Eh oui, Tchaikovsky était très russe !

Jamais à cours d’effets avec son orchestre surdimensionné de jeunes défavorisés vénézuéliens très talentueux qui sont sortis de la misère grâce à la musique (et au fameux « sistema », parrainé notamment par Claudio Abbado), Gustavo Dudamel met le feu au Royal Festival Hall avec ce 4e mouvement. C’est pour vous réveiller !

Cédric MANUEL



À chaque jour son instant classique : anecdotes, découvertes et… musique !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



 

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