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Après 16 ans d’exil, retour au pays du chanteur Mapfumo, « Lion du Zimbabwe »

Après 16 ans d’exil, retour au pays du chanteur Mapfumo, « Lion du Zimbabwe »
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En exil depuis seize ans, l’un des chanteurs les plus engagés de la scène zimbabwéenne, Thomas Mapfumo, est de retour au pays. À 72 ans, il ne mâche toujours pas ses mots contre le régime de l’ancien président Robert Mugabe qui l’a forcé à fuir.

[avec AFP]

Pendant les trente-sept ans du règne du « camarade Bob », de 1980 à novembre dernier, « il n’y avait pas d’État de droit », explique le chanteur, les yeux cachés derrière des lunettes de soleil, sa chevelure épaisse retenue dans un bonnet noir.

Exil sous Robert Mugabe

En 1980, pendant les célébrations de l’indépendance chèrement acquise, il joue aux côtés de la légende jamaïcaine du reggae Bob Marley. Mais rapidement, l’euphorie de la libération fait place au désenchantement.

Le gouvernement étouffe les voix dissidentes, les rassemblements de l’opposition sont interdits, mais Thomas Mapfumo refuse de se laisser museler. Son courage lui vaut les surnoms de « Gandanga » (rebelle), « Ouragan » ou encore « Lion du Zimbabwe ».

Son activisme lui a valu plusieurs séjours en prison et plusieurs tentatives d’assassinat. Le chanteur est accusé d’avoir acheté des voitures volées. Il encourt une longue peine de prison et choisit finalement l’exil pour les États-Unis, où il réside toujours.

Un retour entre joie, prudence et espérance

De retour temporairement dans son pays, où il donnera un concert samedi dans Harare, Thomas Mapfumo a été accueilli en héros par des centaines de fans. C’est la première fois qu’il revient chez lui depuis la chute de Robert Mugabe, contraint de démissionner à la suite d’un coup de force militaire soutenu par la population et le parti au pouvoir.

« Je suis revenu car le Zimbabwe me manque. Ma famille me manque, mes amis me manquent, la dernière fois que j’ai joué au Zimbabwe remonte à un bail », raconte Thomas Mapfumo. Il n’était revenu brièvement qu’en 2003.

« On a été heureux d’entendre que Mugabe était parti mais on dirait qu’il n’y a toujours pas de développement. Ils sont restés trente-sept ans (au pouvoir) mais à quoi sont-ils parvenus ? Ils n’ont réussi qu’en matière de corruption et de pauvreté. La plupart des gens vivent dans la misère. Il n’y a pas de changement. Notre système de santé s’effondre, tout comme notre système éducatif. L’économie est en ruine. Les pauvres deviennent de plus en plus pauvres, les riches de plus en plus riches. »

Depuis une dizaine d’années, le pays est embourbé dans une grave crise économique et financière, caractérisée par un taux de chômage qui avoisine les 90 % et un manque de liquidités. Mais le chanteur salue, avec prudence, la campagne anti-corruption lancée par le nouveau président Emmerson Mnangagwa, ancien bras droit de Robert Mugabe avant que les deux hommes ne se fâchent.



Photographie de Une – Thomas Mapfumo au Carnegie Hall, New York, le 20 octobre 2012
(crédits : Jack Vartoogian / Getty Images)



 

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