Instant classique – 17 décembre 1770… Le célèbre compositeur et pianiste allemand Ludwig van Beethoven fêterait ses 250 ans aujourd’hui.

Le 17 décembre 1770 est probablement la date du baptême de Ludwig van Beethoven, au lendemain de sa naissance. Mais c’est aussi la date la plus communément admise pour être celle de la naissance du compositeur et nous allons donc faire comme si.

Beethoven voit donc le jour à Bonn dans une maison située au 515 de la Bonngasse, aujourd’hui n°20 et qui est devenue un musée. Lors du baptême, c’est son grand-père Ludwig qui est le parrain et sa marraine est une voisine. Le grand-père Beethoven, dont les parents étaient originaires d’Anvers (d’où ce nom à consonance flamande), s’était installé à Bonn près de quarante ans plus tôt et y avait fondé une famille. Il avait également trouvé un emploi de musicien de la Cour du prince-évêque de Bonn, dont il devint presque trente ans plus tard le maître de chapelle. Comme ça ne payait pas beaucoup, il vendait aussi du vin… dont profitait goulûment sa grand-mère, Maria-Josepha, ivrogne au dernier degré et qui termina tristement sa vie internée.

Le petit Ludwig ne connaît pas cet autre Ludwig, mort très respecté en 1773, et dont il chérit le souvenir qu’il n’a pas. Le père de Beethoven, Johann, est l’unique survivant des enfants du couple, né en 1740. Lui aussi est destiné à devenir musicien de la cour, mais n’y réussit pas, devenant lui-même alcoolique très tôt. Au grand dam du patriarche, qui y voit une mésalliance, il épouse la douce et aimable Maria-Magdalena Keverich, fille d’un cuisinier, deux ans avant la naissance de leur premier fils, appelé Ludwig en l’honneur du grand-père avec qui tout le monde s’est réconcilié entretemps. Mais le pauvre garçon ne survit que quatre jours. Alors, ils appellent leur second fils, né dix-huit mois plus tard, Ludwig à son tour. Après lui, cinq enfants naissent et seuls deux survivent, Kaspar-Karl et Nikolaus-Johann.

Comme c’est l’usage dans la famille, Johann, devenu musicien à la cour de l’Électeur de Cologne, inculque au petit Ludwig les premières notions musicales, mais apparemment sans bienveillance ni douceur… Le père Beethoven a l’alcool mauvais, comme sa propre mère. Ce qui n’empêche pas le jeune garçon de montrer des dispositions exceptionnelles, au point qu’on pense en faire une bête de foire pour améliorer un ordinaire relativement pauvre. Mais Johann van Beethoven s’aperçoit vite qu’il faut à son fils des professeurs autrement plus doués que lui. Plusieurs se succèdent bon an mal an, jusqu’aux dix ans du petit Ludwig, dont il faut bien dire que l’enfance n’est pas heureuse.

Par chance, il rencontre un jeune étudiant qui se prend d’affection pour lui, Franz-Gerhard Wegeler, qui l’introduit chez les Breuning, des amis qui accueillent le jeune homme et lui offrent un havre de paix et des occasions de parfaire son éducation. La rencontre avec un nouveau professeur, Christian Gottlob Neefe, chef d’orchestre du théâtre de la cour de Bonn, améliore par ailleurs son apprentissage musical déjà très avancé. C’est lui qui lui fait connaître le théâtre et notamment Shakespeare et Schiller. Finalement, alors que la santé de Johann se délabre de plus en plus, son fils est nommé à treize ans second organiste de la cour.

C’est lors d’un séjour très court à Vienne en 1787 que Beethoven rencontre peut-être Mozart, qui lui donne peut-être des leçons, mais rien n’est certain. La mort de sa mère la même année achève de précipiter son père dans les abîmes alcoolisés. Beethoven multiplie donc les séjours chez les Breuning, où il reçoit de nombreuses attentions et beaucoup d’éducation. Peu à peu, celui qui va devenir l’un des plus grands compositeurs de l’histoire de la musique s’affirme, l’année 1790 étant un tournant, lorsqu’il reçoit la commande d’une cantate pour la mort de l’empereur Joseph II, puis d’une autre pour le couronnement de son frère et successeur, Léopold II. Aucune des deux n’est jouée, en raison de leur difficulté, paraît-il. Ici commence la vie tourmentée d’un génie et c’est une autre très longue histoire…

Ce ne sont pas ces cantates que je vous propose ici pour commémorer cet anniversaire, ni l’un des innombrables chefs-d’œuvre qui suivent, mais ce qui est à ce jour répertorié comme la première partition du jeune Beethoven, publiée en 1782. Il s’agit de neuf variations pour piano sur une marche de Dressler et elles vous charmeront.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »