Suivi en Belgique par un public passionné, le prestigieux concours musical « Reine Elisabeth » s’ouvre pour la première fois cette année au violoncelle. Jusqu’à samedi, douze jeunes finalistes s’affrontent pour décrocher le titre de premier lauréat, synonyme d’un formidable tremplin pour leur carrière internationale.

[avec AFP]

Popularité croissante du violoncelle

Fondé en 1937 sous le patronage de la reine mélomane Elisabeth (1876-1965), le concours conserve sa vocation première : « Être une plateforme entre études et vie professionnelle » pour des musiciens de moins de 30 ans, explique à l’AFP son coordinateur artistique, Nicolas Dernoncourt.

À partir de 1938, les sessions annuelles, qui se tiennent chaque printemps à Bruxelles, ont alterné violon et piano. En 1988, le « Reine Elisabeth » s’est étendu au domaine lyrique avec la création de la session de chant. Et en 2017, c’est le tour du violoncelle de s’insérer dans le cycle. « Le violoncelle est devenu extrêmement populaire, parmi les interprètes et dans les salles de concert », souligne M. Dernoncourt.

12 finalistes dont… 4 Français !

Soixante-huit solistes ont commencé les épreuves le 8 mai. Ils reste désormais 12 finalistes, dont quatre Français, qui se produisent jusqu’à samedi sur la splendide scène du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, devant une salle toujours comble.

Chaque passage est retransmis en direct sur internet et à la télévision, où journalistes spécialisés et consultants commentent les prestations avec le même enthousiasme que lors d’une finale de la Ligue des Champions. La force du concours est en effet d’avoir rendu cet événement familial, notamment par l’accueil des candidats au sein de familles d’accueil, et non à l’hôtel.

Un imposé inédit au programme : Sublimation de Toshio Hosokawa

Pour préparer la finale, les 12 derniers candidats, dont le Biélorusse Ivan Karizna qui est favori selon les critiques belges, se sont isolés à la Chapelle musicale Reine Elisabeth, dans la banlieue verte de Bruxelles. Dans ce havre de paix fondé en 1939 par la reine des Belges et qui accueille habituellement de jeunes musiciens prodiges en résidence, ils ont sept jours pour découvrir l’imposé inédit qu’ils joueront en finale. Cette année, il s’agit de Sublimation, du compositeur de musique contemporaine nippon Toshio Hosokawa.

« Ils sont tous les douze en même temps et ils s’entraident, sans contact avec l’extérieur. C’est une sorte de partage, une parenthèse aussi parce que ce n’est pas habituel de travailler comme ça, à 10 ou 12 solistes ensemble, dans la même pièce… C’est quelque chose d’assez particulier », observe Nicolas Dernoncourt.

À raison de deux par soirée, ils joueront l’imposé, puis un concerto de Schumann, Chostakovitch ou Dvorák. Le jury annoncera le classement des lauréats samedi 3 juin en fin de soirée.