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Création : “Splendeur” d’Abi Morgan, mis en scène par Delphine Salkin

Création : “Splendeur” d’Abi Morgan, mis en scène par Delphine Salkin
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Mêlant les temps et les points de vue féminins, Splendeur est un quadruple portrait dramatique qui a la subtilité musicale d’un quatuor avec thème et variations. Œuvre du dramaturge Abi Morgan, elle sera mise en scène par Delphine Salkin, avec Christiane Cohendy, Roxanne Roux, Laurence Roy et Anne Sée.

Dossier de presse

Présentation

Dans un palais résidentiel d’un pays d’Europe de l’est, quatre femmes attendent le retour du dictateur chez lui.

Elles parlent de Toy Story, de sacs Prada, de vodka-piment, du tableau qu’a peint le mari de l’une d’entre elles… Elles n’en pensent pas moins. Dehors la neige tombe, la guerre civile se rapproche.

Et le dictateur n’arrive toujours pas…

Splendeur, ou le mystère des voix multiples

Quatre femmes. La flamboyante épouse d’un dictateur. Une veuve, sa meilleure amie. Une jeune traductrice séparée de son fiancé. Et une photographe solitaire, venue de loin et ignorant la langue du pays. Chacune, qu’elle le sache ou non, a un rang à tenir, un personnage à jouer. Quelque chose à cacher aux autres, ou à se cacher.

L’occasion qui les rassemble : la photographie d’un portrait officiel. Elles attendent. Elles se parlent, s’observent, s’épient, se mentent. Et se souviennent…

Mêlant les temps et les points de vue, ce quadruple portrait dramatique a la subtilité musicale d’un quatuor avec thème et variations. Il est signé Abi Morgan, l’une des scénaristes et dramaturges les plus en vue du monde anglo-saxon.

Note du traducteur

Splendeur est une matière à jeu assez extraordinaire. Chaque comédienne de ce quatuor doit puiser dans l’ensemble de sa palette. Tantôt ces femmes se disent la vérité, tantôt elles se mentent. Tantôt elles se situent dans l’instant présent, tantôt elles envisagent le sens de toute leur existence, voire leur position dans l’Histoire. Certains moments sont incarnés au premier degré. D’autres sont des récits. D’autres encore, des commentaires en aparté sur ce que le personnage ressent, ou sur ce qu’il observe chez les autres… Et tous ces modes de jeu interfèrent ensemble au présent. C’est à une sorte d’étrange « sur-présent », à l’invention d’un super-espace-temps théâtral que nous assistons, multidimensionnel, à la fois mental et objectif, intime et public. A une mise en commun des souvenirs, des impressions, des réflexions de ces quatre femmes qui s’observent, se jaugent, se devinent et finissent par se comprendre et révéler leur vérité.

Touche par touche, l’image se fait plus précise. Chaque femme se fait mieux connaître. On dirait l’apparition d’une photo, d’abord floue puis de plus en plus détaillée, dans un bain de révélateur. Ou la contemplation d’un tableau, où l’on ne distingue d’abord qu’un fouillis de lignes quasi abstraites, avant de saisir l’intention profonde de l’artiste. Ou la reconstitution d’un précieux vase brisé à partir de ses fragments.

Cette photo, ce tableau, ce vase se trouvent dans Splendeur. L’une des femmes, Kathryn, une journaliste, est venue prendre cette photo chez Micheleine. Une autre, Geneviève, est la veuve d’un artiste qui a peint ce tableau pour Micheleine. Quant à Gilma, la quatrième, elle a tenu, tient et tiendra entre ses mains ce fameux vase, ramené de Venise par Micheleine…

Une photo chez Micheleine. Un tableau pour Micheleine. Un vase de Micheleine. Tout paraît tourner autour d’elle. C’est vrai. Mais Splendeur fait de chaque rôle un centre en soi.

Daniel Loayza, 24 mars 2018

Note d’intention de la metteure en scène

À elle seule, une telle écriture nourrit déjà mon envie de la mettre en scène.

Splendeur traite de la fin d’un monde, un certain monde régi par une dictature. Nous y entrons par la voie des femmes. De quatre femmes. Nous pénétrons dans leur labyrinthe transparent. La pièce est comme un puzzle à solutions multiples. Elles boivent des cocktails et semblent rejouer la même scène à plusieurs reprises.

Une menace pèse. Cette impression de menace qui pèse sur les personnages, cette fin d’un monde est pour moi une forme d’exploration qui me hante… Dans cette pièce, progressivement, nous comprenons que nous sommes les témoins des derniers moments de la femme du dictateur et très probablement de son amie.

L’humour. Malgré le drame qui se noue et se raconte sous nos yeux, on rit beaucoup à l’écoute de ces femmes ; l’autrice manie avec brio les contrastes chez ses personnages. Les commentaires que chaque femme fait en dehors des dialogues apportent de l’étrangeté mais aussi beaucoup d’ironie, provoquent des rires qui seront comme « séchés » lorsque leur fin est proche…

Sa temporalité kaléidoscopique fait penser au cinéma (ce n’est pas par hasard qu’Abi Morgan a signé le scénario de plusieurs longs-métrages). La journaliste est photographe, elle manipule son appareil tout au long du spectacle. Mon option de mise en scène est qu’elle reconstitue après-coup les dernières heures de Micheleine.

Le travail de la création sonore. J’affectionne particulièrement le travail sonore au théâtre. Il y a dans Splendeur une vraie matière sonore à développer. Nous sommes en présence d’une journaliste qui tente de reconstituer par bribes, par traces, les échos de ces voix de femmes. L’environnement sonore permet de basculer dans un monde à la fois mental, cauchemardesque et réel au plateau, celui d’un monde en guerre qui gronde là, tout autour, et se rapproche.

La vidéo est envisagée actuellement en soutien supplémentaire. Elle pourra éventuellement nous aider à clarifier le montage du récit. Toujours cette idée de reconstitution kaléidoscopique…La scénographie sera conçue avec Clémence Kazémi. Notre défi sera de faire exister un espace qui devra revenir à son point de départ à plusieurs reprises, puisque la scène principale est revisitée à chaque fois depuis le début ou presque. Nous sommes aussi dans l’espace mental de la journaliste qui reconstitue un souvenir.

Splendeur est donc un beau défi lancé à la créativité des actrices mais aussi à celle d’un metteur en scène ! La mise en scène doit pouvoir accompagner ce puzzle reconstitué sous les yeux du spectateur.

La complexité de Splendeur nécessite la constitution d’une équipe artistique solide. Ce sera pour moi une joie de « transcrire » avec eux Splendeur au plateau, d’entrer dans ce dédale et d’y faire entrer le public. Splendeur est donc une formidable matière à jeu pour des actrices mais nécessite impérativement un point de vue de mise en scène : les choix de la construction spatiale, les mises en son, lumières et vidéo seront en lien direct avec les options dramaturgiques.

Delphine Salkin, janvier 2018

Renseignements & Distribution

Durée : 1h50
Public : non renseigné

Texte : Abi Morgan
Traduction et dramaturgie : Daniel Loayza
Mise en scène : Delphine Salkin
Avec Christiane Cohendy, Roxanne Roux, Laurence Roy, Anne Sée
Travail corporel : Marion Lévy
Son et compositions musicales : Pascale Salkin
Lumières : Daniel Lévy
Costumes et scénographie : Clémence Kazémi
Images et vidéo : François Gestin
Régie lumières et régie générale : Aurore Beck
Régie son : Vincent Bonnet

Où voir le spectacle ?

– Du 21 au 25 janvier 2020 : théâtre-Sénart, Lieusaint-Sénart

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Crédits photographiques : Éric Miranda



 

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