Un slogan punk, une action coup de poing, une tribune soutenue massivement par les lieux et événements artistiques… Le secteur de la culture dresse le poing en Suisse, après un an de pandémie et de mesures restrictives.

« No culture, no future » – Tel est le slogan aux accents punks brandis par des acteurs culturels, samedi dernier, dans près d’une dizaine de villes Suisse romande. Leur action coup de poing a eu lieu à 15 heures, pendant quinze minutes.

En marge de leur action, plus d’une trentaine d’associations et de collectifs ont signé une lettre ouverte, qui a vu affluer les soutiens : des dizaines de théâtres, de cinémas, de musées, de lieux musicaux ou encore de festivals ont décidé d’apposer leur nom en bas de la tribune. Celle-ci évoque d’emblée des « conséquences des arrêts à répétition du secteur culturel […] dramatiques : de la fermeture des lieux culturels et l’annulation de festivals découlent des annulations de spectacles, concerts ou expositions qui, à leur tour, font courir les travailleurs culturels à la ruine économique. Tout l’écosystème est ainsi impacté, comme lors d’un coup de gel. »

La crise sanitaire se prolongeant mois après mois, les lieux culturels demeurant désespérément fermés, tout report conduit à une saturation des saisons. Selon les organisations professionnelles suisses, quantité d’acteurs de la culture n’ont aujourd’hui ni emploi, ni salaire, plongeant dans une précarité toujours plus grande.

C’est pourquoi les organisations professionnelles du domaine culturel en Suisse énoncent sept propositions – « c’est une question de survie pour notre secteur » – qui « doivent être adoptées le plus rapidement possible par les autorités » :
1/ réouverture progressive des lieux culturels au public ;
2/ reconnaissance juridique et administrative du statut spécifique des travailleurs culturels au niveau fédéral ;
3/ développement massif de soutiens financiers pour la recherche artistique et la formation continue ;
4/ soutien des actions menées au niveau des cantons pour désengorger les lieux culturels ;
5/ simplification et intensification des démarches administratives pour l’indemnisation financière ;
6/ révision du mode de calcul des indemnités APG pour les indépendants ;
7/ prolongation des délais-cadres de chômage.

Militant pour que la culture soit « reconnue comme essentielle par les pouvoirs publics », les organisations professionnelles suisses attendent une réponse urgente des pouvoirs publics, responsables selon elles de la situation. « Si nous sommes empêchés de travailler, nous devons être indemnisés, concluent-elles dans leur lettre ouverte. Faute de quoi, un secteur qui représente près de 300 000 emplois et plus de 3 % du PIB sera durablement mis à mal, avec les conséquences économiques et sociales que cela implique. »

Élodie NORTO