Alors que l’été se profile et que des festivals annoncent déjà leur annulation, la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC) demande « l’élaboration de cadres sanitaires lisibles et clairs » sans plus attendre.

« C’est maintenant, non dans un futur trop incertain, que des voies, intransigeantes sur les exigences de sécurité sanitaire, doivent être investies. » La Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC) – qui rassemble aujourd’hui plus de quatre cent cinquante collectivités territoriales – tire la sonnette d’alarme, appelant à des mesures d’urgence qui permettent aux festivals d’été de se maintenir.

Un événement, pour qu’il puisse avoir lieu sereinement, exige un minimum d’anticipation. Signer des contrats, réserver des logements, assurer les transports, prévoir les rémunérations, embaucher des techniciens, faire appel à des prestataires, construire les scènes… Autant de réalités qui sont décidées en amont. « Le désarroi s’ancre dans le monde des arts et de la culture », constate la FNCC, engendrant une « colère légitime » tandis que les trains et les métros continuent de rouler, que les supermarchés ne désemplissent pas…

À quatre mois de l’été, les acteurs culturels n’ont toujours aucune visibilité, de sorte que le festival Solidays, initialement prévu du 19 au 21 juin, a annoncé le 10 février dernier qu’il renonçait à son édition 2021. Le premier d’une longue et triste série ? Le même jour, la ministre Roselyne Bachelot a voulu se montrer rassurante en affirmant sur France 2 que « l’hypothèse d’annuler les festivals est exclue » avant de nuancer aussitôt son propos en évoquant la différence de nature – debout ou assis – entre les festivals. Suffisant pour apaiser les organisateurs de festivals qui ont rendez-vous avec elle ce jeudi 18 février ?

La FNCC manifeste quant à elle ses craintes, en appelant à des mesures aussi nécessaires qu’urgentes. « Représentative de l’ensemble des natures de collectivités et politiquement plurielle, notre Fédération en appelle à l’élaboration de cadres sanitaires lisibles et clairs, insiste-t-elle. Nous avons besoin de cadres stables, de protocoles sanitaires nationaux clairs et de perspectives aussi lisibles que possible pour que nous puissions imaginer et innover dans la cohérence, car aujourd’hui ces expériences multiples, pour précieuses qu’elles soient, se font de manière désordonnée, au risque d’inacceptables inégalités territoriales. »

Deux autres enjeux sont par ailleurs relevés par la FNCC en cette période de crise sanitaire : la reconnaissance de « la portée nationale de l’engagement des collectivités » et la mise en exergue de leurs « tensions budgétaires croissantes […], du fait notamment d’une gestion mal compensée des structures culturelles placées sous leur responsabilité directe. »

La FNCC demande à ce que les collectivités territoriales soient davantage consultées ; elle sollicite notamment un rendez-vous « en urgence » avec la ministre de la Culture, pour que l’État, les structures artistiques professionnelles et les collectivités territoriales puissent créer « un cadre de concertation, d’espaces et d’échanges […] qui permette de trouver des solutions pour desserrer l’étau sanitaire qui pèse sur la culture actuellement. »

Élodie NORTO

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