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I Muvrini : de la Corse à l’universel

I Muvrini : de la Corse à l’universel
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Le groupe corse I Muvrini (les petits mouflons) est de retour avec un nouvel album intitulé « Invicta », invaincue, musique pour la non-violence. Jean-François Bernardini, l’un des deux leaders du groupe, nous raconte l’histoire de cette dernière création.

Profession Spectacle : Invicta, invaincue au féminin, que signifie le titre de votre dernier album ?

Jean-François Bernardini : Invicta, c’est la déclinaison au féminin d’Invictus, ce poème qui a tenu debout Nelson Mandela pendant ses années de prison : « Je suis le maitre de mon destin, je suis le capitaine de mon âme ». Invicta, c’est l’âme, la conscience, invaincue, insoumise, la planète aussi. Dans ce monde où les âmes sont malnutries, vides, en souffrance, on peut aboutir à des gestes ultimes comme celui de prendre une kalachnikov et de tirer sur des innocents. Le propre de la musique et des artistes est de nourrir les âmes, de donner à chacun une espèce de boussole et une force intérieure. Invicta, c’est un peu cet esprit-là, illustré par nos chansons.

Les albums d’I Muvrini racontent toujours une histoire. Qu’évoque cette fois-ci Invicta ?

Cet album raconte comment nous pouvons résister par la beauté à un monde qui nous inflige des fessées de vulgarité, de superficialité, l’égoïsme ou de consumérisme. Invicta souligne combien nous sommes parfois capables du meilleur face à l’adversité. La chanson O Ismà revient sur l’histoire vraie de cet enfant palestinien tué par l’armée israélienne et dont les parents ont donné les organes, sauvant cinq vies du côté israélien.

En chantant en français sur le titre « Celle que tu crois » pensez-vous que le combat pour la langue corse soit aujourd’hui moins urgent ?

Pas vraiment. Je parle cinq langues et je suis toujours frustré de ne pas en en connaître davantage. Aujourd’hui en Corse, est en train de s’achever un génocide linguistique qui a été sciemment programmé. Si la langue n’est plus interdite et est plus ou moins enseignée, les conséquences de son interdiction se font encore cruellement sentir. Je crois que la France serait encore plus grande et plus belle si elle prenait conscience qu’elle est elle aussi une minorité traversée par des diversités linguistiques qui l’augmentent et qui l’enrichissent, plutôt que de la diminuer et de l’affaiblir.

http://www.muvrini.com

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