Figure de la production indépendante, Jean-Luc Gaudrie fait le plein d’auteurs pour le prochain festival Off d’Avignon. Hugo, Gary, Steinbeck, Daudet et Coppens seront ainsi portés par des comédiens reconnus : Philippe Caubère, Franck Desmedt, Micky Sébastian, Xavier Simonin…

AVIGNON IN/OFF 2021

Entretien avec Jean-Luc Grandrie.

La maison de production Sea Art, que vous avez fondée, propose de nombreuses pièces reposant sur un texte fort. Parmi les auteurs : Hugo, Céline, Cendrars, Gary, Ionesco, Steinbeck… Pourquoi désirez-vous défendre et porter ce théâtre ?

Par mon parcours, un des rares qui allie public et privé à des postes importants, par mes rencontres et par goût personnel, je défends ce que j’aime. En général, cela correspond à des auteurs tels que ceux que vous citez, à de la littérature avec des textes reconnus et/ou fondateurs – Les raisins de la colère de Steinbeck et La promesse de l’aube de Romain Gary cette année, ou L’art d’être grand-père de Victor Hugo avec Jean-Claude Drouot cet automne à Paris –, à des rencontres personnelles, comme j’en ai eu avec Bernard Pivot, Antoine Duléry ou encore Francis Huster, ou à des thèmes de société qui me sont chers. Je pense par exemple à la thématique de l’évolution en lien avec Yves Coppens, avec Les singes aussi s’ennuient le dimanche, à celle qui associe l’apartheid et Nelson Mandela, à celle qui lie la liberté de la femme et Simone de Beauvoir… J’ai réussi à me doter d’une structure qui me laisse la possibilité de pouvoir faire et produire ce que j’aime.

Cinq de vos spectacles seront présentés à Avignon cet été : comment s’est opérée la sélection ?

Parmi ces cinq spectacles, trois sont en production propre – Les raisins de la colère de John Steinbeck, La promesse de l’aube de Romain Gary et Les singes aussi s’ennuient le dimanche d’Yves Coppens –, plus deux autres dont j’assure la diffusion en tournée : Les Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet, par Philipe Caubère, et Hugo : l’exil, la rage, le rêve, par Paul Fructus. Cela s’est fait naturellement en fonction des projets, de l’opportunité de « faire – ou ne pas faire – Avignon », des moyens financiers que j’ai réussi à rassembler pour les produire. Avignon reste un « lieu de monstration » des spectacles pour les emmener en tournée. Donc même si l’équilibre financier n’est jamais atteint, c’est un investissement important. Nous sommes en juin 2021 et je sais que j’ai déjà trois projets à défendre pour 2022.

Que peut le théâtre aujourd’hui, au lendemain d’une crise qui a rivé la quasi-totalité de la population devant les écrans ?

Juste reprendre sa place avec la réouverture des salles de spectacle et des festivals ! J’ai commencé ma carrière en 1980 et j’ai toujours entendu dire que le théâtre était mourant : depuis mes anciens collègues qui partaient en retraite à cette époque-là jusqu’aux prévisionnistes d’aujourd’hui. Avec la fin du confinement, mes tournées viennent de repartir et c’est déjà plein partout. Les villes font le choix politique de rouvrir leur salle, même avec des jauges à 35 % qui sont cruelles financièrement et pour les publics qui ne peuvent pas y accéder. Alors je ne suis pas inquiet ! Le théâtre est indestructible.

4/ Où et quand retrouver chacun des spectacles que vous produisez à Avignon ?

Voilà les 5 rendez-vous quotidiens que je donne au public et aux professionnels :
– 11h35 à la Condition des Soies : Les Travailleurs de la mer / Victor Hugo – Paul Fructus
– 15h05 aux 3 soleils : Les singes aussi s’ennuient le dimanche / Yves Coppens – Micky Sebastian, Jean-Louis Cassarino
– 18h25 à la Condition des Soies : La Promesse de l’aube / Romain Gary – Franck Desmedt
– 19h15 à la Condition des Soies : Les Lettres de mon moulin / Alphonse Daudet – Philippe Caubère
– 21h35 à La Luna : Les raisins de la colère / John Steinbeck, Xavier Simonin, Jean-Jacques Milteau – Xavier Simonin + 3 musiciens chanteurs

Propos recueillis par Nadège POTHIER

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En savoir sur ces spectacles : SEA ART

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