Le directeur du Théâtre des Quartiers d’Ivry (Val-de-Marne) Jean-Pierre Baro, pris depuis un an dans une affaire de viol présumé, a annoncé jeudi qu’il quittait ses fonctions, au lendemain d’une grève du personnel de l’établissement appelant à sa démission.

Jean-Pierre Baro a par ailleurs publié une longue tribune dans Mediapart, hier, dans laquelle il revient sur les faits qui lui sont reprochés : « C’est empli d’une immense tristesse que, dans l’intérêt supérieur du devenir du Théâtre des Quartiers, je décide de me retirer de mes fonctions de directeur pour reprendre ma liberté de parole et de création », commence-t-il.

Il rappelle notamment que la seule plainte déposée contre lui a été déposée sans suite et que la plaignante elle-même n’a pas choisi de poursuivre ses accusations devant la justice, alors qu’elle le pouvait.

Comme nous l’avons écrit dans nos colonnes en septembre dernier, « l’affaire Baro » est loin d’être simple. Il y a bien les témoignages rapportés par Jean-Pierre Thibaudat dans Mediapart au début de l’été 2019… Mais ainsi que nous l’avons rappelé, rien de ce qui est rapporté ne constitue un début de preuve. Il aurait fallu des faits beaucoup plus précis, rigoureusement recoupés (comme cela le fut pour Adèle Haenel), et surtout un passage en acte du médiatique au judiciaire. Cela n’a pas été le cas, du moins à notre connaissance. Jean-Pierre Baro restait donc présomptivement innocent.

Le retrait de Jean-Pierre Baro, in fine, ne repose que sur le malaise croissant des salariés, qui ont décidé de se mettre en grève.

Pour le reste, la présomption d’innocence, surtout dans ce cas précis, est plus que jamais d’actualité.

E. N.

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