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Ken Loach accusé d’antisémitisme mais distingué à l’université Bruxelles

Ken Loach accusé d’antisémitisme mais distingué à l’université Bruxelles
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Ken Loach a été fait jeudi « Docteur Honoris Causa » de la prestigieuse Université libre de Bruxelles (ULB) malgré les protestations d’universitaires et de représentants de la communauté juive de Belgique accusant le cinéaste britannique d’être antisémite et négationniste.

La parole en cause est celle prononcée lors d’une interview en septembre 2017 à la BBC, en marge d’un congrès du Parti travailliste au Royaume-Uni.

La phrase : « Toute l’histoire est notre patrimoine commun à discuter »

À la question de savoir si nier l’Holocauste était acceptable, le cinéaste très engagé à gauche avait répondu : « Toute l’histoire est notre patrimoine commun à discuter et à analyser. La fondation de l’État d’Israël, par exemple, fondée sur le nettoyage ethnique, est là pour que nous en discutions ».

Cette simple phrase, pourtant ouverte quant à son interprétation, ne passe pour la communauté juive qui l’accuse d’antisémitisme et de négationnisme. Dans une tribune signée par 650 personnalités mardi dans le quotidien belge L’Echo, Ken Loach a été accusé de « falsifier l’histoire à des fins politiques » en évoquant la collaboration de certains dirigeants sionistes avec les nazis à Budapest en 1944, sujet central d’une pièce de théâtre dans les années 1980.

Même le Premier ministre belge Charles Michel y est allé de son commentaire, lors d’une visite mercredi soir à la Grande synagogue de Bruxelles, à l’occasion du 70e anniversaire de l’État d’Israël : « Notre fermeté doit être totale. Aucun accommodement avec l’antisémitisme ne peut être toléré. Quelle que soit sa forme. Cela vaut aussi pour ma propre alma mater », référence à l’université dans laquelle le politicien a étudié.

Une interprétation caricaturale et grossière pour Ken Loach

Pour Ken Loach, cette polémique n’a pas lieu d’être : ses prises de position, y compris cette phrase qu’il juge interprétée de manière caricaturale et grossière, ainsi que sa carrière témoignent pour lui. L’ULB lui a tout de même demandé de préciser à nouveau sa position. Sa réponse, exprimée par un communiqué et une conférence de presse, a le mérite de ne comporter aucune ambiguïté :

« Je comprends que mes prises de position ne sont pas très connues à Bruxelles. Pour éviter toute ambiguïté, je tiens à déclarer, une fois pour toutes, que je condamne toute forme de déni de l’Holocauste ou « négationnisme » comme vous le dites en français. » (communiqué)

« Je trouve un peu choquant d’avoir à faire cette déclaration sur ces allégations parce que toute ma carrière et tous les films que j’ai fait visaient à défendre les droits de l’homme et […] la justice sociale. » (conférence de presse)

Si le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) a regretté hier – jeudi – que l’ULB « persiste dans son erreur » et dénoncé en Ken Loach un « propagandiste insidieux », ce dernier a finalement bien reçu son titre, avec d’autres personnalités, – dont l’ex-ministre française de la justice Christiane Taubira -, sous les applaudissements et devant un auditoire comble.

Vanessa LUDIER [avec AFP]



 

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