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La foi chrétienne et le cinéma : une histoire renouvelée

La foi chrétienne et le cinéma : une histoire renouvelée
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Il y eut le décalogue intimiste de Krzysztof Kieślowski et les grandes productions de Cecil B. DeMille. Les prêtres et les religieuses étaient encore des personnages à part entière, quand ils n’étaient pas les héros de films, y compris des plus grands réalisateurs de l’époque : L’uomo dalla croce de Roberto Rossellini, La loi du silence d’Alfred Hitchcock….

Force est de constater que la foi chrétienne a, par la suite, moins fait recette. Plus encore, les réalisateurs souhaitant en faire leur thème principal ont parfois vu leurs films sinon censurés, du moins attaqués vigoureusement. En 2003, La Passion du Christ de Mel Gibson s’est ainsi vu critiqué dans les journaux, notamment pour antisémitisme, avant même que le film ne soit accessible aux journalistes et alors que plusieurs acteurs sont Juifs, à commencer par Maia Morgenstern qui interprète la mère de Jésus. Cela n’a pas empêché le film de récolter 600 millions de dollars de recettes, soit vingt fois son budget.

Hier et aujourd’hui

La foi chrétienne est revenue par la suite au-devant des écrans cinématographiques, soit qu’elle soit considérée comme un effet de mode, soit qu’elle apparaisse comme une préoccupation humaine universelle.

On pense par exemple au méconnu (en France) et pourtant magnifique Calvary (2014), film irlando-britannique réalisé par John Michael McDonagh, avec Brendan Gleeson dans le rôle de ce prêtre tourmenté par une confession inattendue et la chronique d’un meurtre annoncé ; Brendan Gleeson a d’ailleurs été couronné pour ce rôle de deux prix du meilleur acteur, lors des British Independent Film Awards 2014 et des Boston Online Film Critics Association Awards 2014.

Du phénomène des apparitions – de la foi qu’elle suppose – à l’appropriation d’une vie intérieure, par la prière, pour lutter contre les addictions humaines et trouver une paix profonde, force est de constater que les sujets non seulement ne manquent pas, mais sont encore d’une finesse et d’une exigence renouvelées : L’Apparition de Xavier Giannoli, avec Vincent Lindon et Galatea Bellugi, La Prière de Cédric Kahn, avec Anthony Bajon (Ours d’argent du meilleur acteur à la dernière Berlinale) et Damien Chapelle…

Regain de foi à Hollywood

À Hollywood également, la foi pèse de nouveau lourd, tant financièrement, pour l’industrie cinématographique qu’artistiquement, pour le questionnement humain. Il y a certes la question de la rentabilité ; il y a aussi celle du sens de l’existence…

À l’ère improbable de Donald Trump, beaucoup d’artistes voient dans la foi un lieu de ressourcement ou de questionnement, philosophique et intérieur, si bien que trois à quatre films sortent chaque mois sur cette problématique : War Room en 2015, Ben-Hur et Tu ne tueras point en 2016…

Cela explique notamment l’étonnant succès de I Can Only Imagine, film indépendant dirigé par les frères Andrew et Jon Erwin. Il y est question d’un groupe de rock chrétien, et d’une relation complexe entre un père et un fils, interprétés par J. Michael Finley et Dennis Quaid. Le film est un véritable phénomène aux États-Unis, au point de s’être classé troisième au box-office la semaine dernière, derrière les superproductions telles que Black Panther.

À mentionner également le film sur Paul, Apôtre du Christ, réalisé par Mel Gibson qui reprend pour l’occasion son acteur fétiche de la Passion, Jim Caviezel. Avec peu de moyens, le réalisateur à la foi assumée a produit un film qui, pour son premier week-end d’exploitation, vient d’atteindre la huitième place du box-office américain – succès réel, comparé aux quelque 150 films déjà sortis cette année, en seulement trois mois.

Brice WATTEZ

Correspondant Amérique du Nord

 



 

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