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Une question à… Andrea Picard, directrice artistique de Cinéma du Réel

Une question à… Andrea Picard, directrice artistique de Cinéma du Réel
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Une question à… Andrea Picard, nouvelle directrice artistique du festival Cinéma du Réel dont la 40e édition se déroule à Paris du 23 mars au 1er avril

Que pensez-vous du discours actuel sur la frontière qui serait de plus en plus poreuse entre documentaire et fiction ?

Je pense que cette proposition d’hybridité existe depuis l’origine du cinéma. Certains réalisateurs défendent le cinéma direct, d’autres insistent sur la nécessité d’observer la réalité avec un côté journalistique, surtout dans la période « post-truth » qui nous a donné Donald Trump et autres, avec la complicité des médias. Ce à quoi d’autres documentaristes, y compris des très grands, rétorquent que ce ne sont que des constructions, une fois qu’on impose un cadre ou que les gens sont conscients du cinéma, même dans des films de Frederick Wiseman. C’est un débat qui existe depuis 100 ans déjà. Nous, à Cinéma du Réel, nous voulons donner une place prioritaire au documentaire, mais être ouverts à ce dialogue entre fiction et réalité.

Et c’est pour cette raison que nous allons projeter en avant-première française Zama de Lucrecia Martel, un film historique, une adaptation littéraire, mais aussi une œuvre très importante sur les catastrophes postcoloniales en Amérique Latine, donc une réalité à la base mais qu’elle aborde par l’artifice. C’est aussi un dialogue avec un film portrait sur Lucrecia Martel réalisé par le jeune documentariste argentin Manuel Abramovich, une mise en abyme entre sa relation à son propre documentaire et son observation de quelqu’un en train de créer de la fiction. Si c’est le moment de célébrer les documentaristes, il faut aussi être ouvert à des propositions, comme l’est le film d’ouverture du festival, La Telenovela Errante (The Wandering Soap Opera) que Raoul Ruiz a tourné au Chili après son exil en France et que Valeria Sarmiento a terminé l’an passé avec des éléments documentaires de Ruiz en train de tourner ce film. C’était une proposition parfaite pour le 40e anniversaire de Cinéma du Réel où Raoul Ruiz a présenté beaucoup de films, avec cette fois un film de fiction mais qui traite de la réalité.

C’est une manière de dire oui à des films hybrides qui parlent de la réalité, donc du réel, mais d’une autre façon : l’imagination ne peut pas être mise dans des catégories.

Propos recueillis par Fabien LEMERCIER

Source partenaire : Cineuropa



 

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