En ces temps de crise, le Groupe des 20 théâtres de l’Île-de-France ont décidé de donner plus de visibilité à onze troupes en création de projet, lors d’un journée professionnelle exceptionnelle. Elle sera organisée le 11 février à l’espace Marcel-Carné de Saint-Michel-sur-Orge.

Soutenir la création durant la pandémie est une nécessité aussi bien qu’un défi. En organisant une deuxième édition de ses Plateaux en février, le Groupe des 20 théâtres de l’Île-de-France a voulu donner une opportunité à des compagnies bloquées face à la crise sanitaire. Cette journée professionnelle aura lieu le 11 février à l’Espace Marcel Carné de Saint-Michel-Sur-Orge.

Les artistes et compagnies en première ligne de la crise

« Tous les ans, nous organisons Les Plateaux en octobre pour présenter plusieurs projets en création et en sélectionner un qui obtiendra 20 000 euros de coproduction et quinze à vingt dates de tournée sur une saison », explique Frédéric Maragnani, le coprésident du groupe. Cette édition de février a surtout été pensée pour aider les artistes coincés chez eux et en manque de visibilité.

« Nous faisons face à la frustration et au désespoir de ne pas pouvoir accueillir de publics dans nos structures mais nous continuons de travailler, alors que les artistes et les compagnies qui sont en première ligne ne peuvent rien faire et cherchent par tous les moyens à créer et répéter, poursuit Frédéric Maragnani. Pour montrer son travail, il faut organiser vingt à quarante rendez-vous et chaque déplacement prend une demi-journée. En temps normal, les Plateaux peuvent accueillir jusqu’à cent cinquante personnes. Là, la jauge sera réduite à cause des réglementations liées à la crise sanitaire, mais on devrait atteindre une cinquantaine de professionnels issus de structures différentes telles que les théâtres de ville, les scènes nationales et les centres dramatiques nationaux. »

Onze compagnies auront l’occasion de présenter leurs projets ce 11 février. « Elles ont été choisies par les membres du groupe. Nous avons dans nos maisons des artistes que nous défendons et que nous aimerions présenter à nos collèges. »

Coup de pouce

Puisqu’il n’y a pas de bourse à la clé de cette édition de février, il n’y avait ni thème ni appel à projet, contrairement à l’édition habituelle d’octobre. Les projets sont de plusieurs natures : seul en scène, poésie, cirque et arts plastiques, théâtre musical ou encore danse.

« Certains des projets sont aboutis, d’autres pas encore, mais il s’agit pour tous de création, décrit Frédéric Maragnani. La création, notamment par des artistes en résidence, est l’identité sur laquelle s’est créé le groupe des 20. » Depuis les années 1990, il rassemble plus ou moins vingt théâtres en Île-de-France, en fonction des départs des directrices et directeurs, mais non parisiens.

Les projets susceptibles de remporter la subvention consistent en général en des travaux qui ont déjà le soutien de partenaires comme les régions. « Cela fait une base sécurisante pour bâtir son projet. Les vingt mille euros doivent venir s’ajouter à autre chose, car ils ne permettent pas sinon de faire un spectacle dans de bonnes conditions. Nous faisons ensuite nos choix par rapport à la situation des compagnies et des artistes. On ne choisira pas, par exemple, une compagnie qui n’a pas besoin de nous pour se produire, mais plutôt une autre qui a besoin d’un petit coup de pouce. »

Écritures du réel

Chaque année, les critères de candidature varient pour rendre compte de la diversité de la création contemporaine. Le thème d’octobre 2020 portait sur les écritures du réel, c’est-à-dire partant de matériaux documentaires, de faits réels… C’est Tamara Al Saadi, la lauréate d’Impatience, le festival de la jeune création du Centquatre, qui a remporté la bourse de la saison 2020-2021 avec son projet Istiqlal.

Les Plateaux proposent aussi la présentation de spectacles par des réseaux régionaux partenaires : le Groupe des 20 Auvergne-Rhône-Alpes, Quint’est et FRAS-Corodis (Suisse), dans le but de favoriser leur circulation sur le territoire francilien.

Le Groupe de l’Île-de-France réfléchit à organiser une troisième journée plus tard dans l’année pour répondre à la même nécessité. Si un confinement plus strict devait être annoncé et que personne ne pouvait se déplacer, le groupe a prévu la réalisation de petits films par un vidéaste, afin que chaque compagnie puisse diffuser une présentation de son projet sur le site du groupe et par les réseaux sociaux.

Chloé GOUDENHOOFT

.
En savoir plus : Groupe des 20 théâtres de l’Île-de-France

.



Photographie : spectacle Esprits de la compagnie La Polka (Anna Nozière)
Crédits : Antoine Tho