Instant classique – 4 février 1922… 99 ans jour pour jour. Ferruccio Busoni, un des plus grands pianistes de l’histoire de la musique, compose un album en trois feuillets assez dissemblables. Un petit album oublié, qui s’achève en un bel hommage à Bach.

C’est l’une des dernières composition achevée de Ferruccio Busoni, qu’il a d’ailleurs écrite de façon très hachée sur plusieurs années : les trois feuillets d’album manquent de ce point de vue d’unité et ne se ressemblent pour ainsi dire pas. Ils sont pourtant intégrés dans un même recueil, comme pour construire un dernier petit album avant de partir. Ils sont créés à Londres, au Wigmore Hall, voici quatre-vingt-dix-neuf ans aujourd’hui.

Le premier de ces feuillets est tiré d’une petite pièce pour flûte et piano datant de 1916, Busoni ayant écrit le premier feuillet d’album pour le piano à partir de 1917. Cette petite pièce avait été offerte par le compositeur à son banquier de Zurich, qui était lui-même flûtiste amateur… Le second feuillet est très court et très mystérieux, comme suspendu. On le remarque à peine tant il se fait discret.

Puis vient le troisième et dernier, le plus long des trois (c’est relatif : l’ensemble ne fait même pas dix minutes). À l’écoute, il va vous rappeler quelque chose, ou plutôt quelqu’un… Eh oui, Busoni vénérait Jean-Sébastien Bach et la pièce est bien tirée d’une œuvre de ce dernier, Christ lag in Todesbanden. On reconnaît sans peine le style et, de ce fait, on ne sait plus qui est Bach et qui est Busoni.

Pied de nez plein de douceur d’un des plus grands pianistes de l’histoire de la musique.

Cédric MANUEL

 



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