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Philippe Quesne en chef de file de la scénographie française à Prague

Philippe Quesne en chef de file de la scénographie française à Prague
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Du 6 au 16 juin 2019 se tiendra la Quadriennale de Prague, plus grand rendez-vous dédié à la scénographie et à l’architecture théâtrale dans le monde, qui fête à cette occasion ses cinquante ans. Pour la première fois depuis 2003, la France sera présente, sous la houlette de Philippe Quesne.

Créée en 1967, soit un an avant le douloureux et célèbre Printemps, la Quadriennale de Prague est devenue au fil des années le plus grand événement dédié à la scénographie et à l’architecture théâtrale dans le monde. À l’époque, la France avait reçu le prix.

Une présence française attendue

Cinquante ans plus tard et après seize ans d’absence, la France est de retour, sous la houlette de Philippe Quesne, scénographe français formé aux arts plastiques et directeur, depuis 2014, de Nanterre Amandiers, centre dramatique national.

Pour Bertrand Munin, sous-directeur de la diffusion artistique et des publics à la direction générale générale de la création artistique (DGCA), il y a une « attente de dialogue et de collaboration » de part et d’autre, attente – « insistance d’une présence française » – également perçue par Luc Lévy, directeur de l’Institut français à Prague, dès son arrivée en République tchèque.

Côté financements, Gwénola David, directrice générale d’ARTCENA, avance les sommes de 135 000 euros de la part du ministère de la Culture et quelque 40 000 euros de l’Institut français, auxquelles il faut ajouter différents apports logistiques, notamment la réception au lendemain de l’ouverture à l’ambassade de France, et l’implication des équipes d’ARTCENA, qui coordonne l’événement.

La mise au second plan de l’Union des scénographes (UDS), qui n’a pas dit un mot de toute la conférence de presse – qui a pourtant vu se succéder pas moins de cinq intervenants – alors qu’elle a porté le projet pendant plusieurs années, nous paraît étonnante. Une source proche du dossier évoque la décision de mettre en avant « un nom pour marquer » ce retour français à Prague, plutôt qu’un corps de métier en son ensemble.

Gwénola David avance une autre explication : « la scénographie s’assume comme un geste artistique à part entière ». Philippe Quesne assume naturellement ce « geste artistique […] que ce soit sur le pavillon pays ou sur le pavillon des écoles ».

Deux espaces : le pavillon Philippe Quesne et le pavillon « neuvième école »

Le scénographe français nuance aussitôt le terme “pavillon” : « La Quadriennale de Prague n’est pas comme la Biennale de Venise. Ce sont plutôt des grandes halles. Le fantasme du mot pavillon est très relatif : ce sont plutôt des espaces, du même nombre de mètres carrés pour tous les pays afin d’éviter les jalousies. »

La pavillon pays – surnommé « pavillon Philippe Quesne » par Gwénola David – accueillera une de ses réalisations artistiques inédites, Microcosm, tandis que le pavillon école présentera le travail réalisé par des étudiants issus des huit établissements d’enseignement supérieur français formant à la scénographie : plutôt qu’une énième compétition destinée à sélectionner les meilleurs projets, il a ainsi été préféré la constitution d’une « neuvième école », qualifiée d’« utopie » par Gwénola David et Philippe Quesne, colligeant intuitions et savoir-faire.

Exploration, conscience du monde et précarité

L’expression « neuvième école » a été prise au pied de la lettre, au sens où le projet de pavillon des écoles ne prévoit pas de montrer le projet de maquettes des meilleurs étudiants de France, mais de déployer un certain nombre de thématiques soulevées lors des discussions entre les huit étudiants sélectionnés, en inventant « quelque chose qui n’existe pas ».

« Le groupe s’est constitué une sorte de rêverie autour de l’idée du voyage, du rôle de scénographe comme un explorateur, parfois comme un conciliateur ou un artiste qui fédère une ligne esthétique, qui invente des métaphores, explique Philippe Quesne. Les étudiants ont beaucoup échangé sur l’idée d’un pavillon qui parlerait d’une vigilance du scénographe, d’une conscience du monde tel qu’il tourne, d’une économie extrêmement fragile du spectacle vivant et plus généralement des projets culturels. »

Le scénographe évoque la création d’un véhicule, type mobil-home, « dans l’idée à la fois très concrète de vivre un voyage extraordinaire et de manifester la précarité du jeune scénographe ». L’analogie entre cette précarité particulière et celle des plus pauvres, sans logement, voire du « monde en crise que nous traversons » résonne aussitôt dans sa bouche, donnant une dimension écologique à la proposition artistique.

Ce « laboratoire mobile » fera une halte à Avignon, à la Maison Jean-Vilar, le 10 juillet prochain, lieu qui avait déjà accueilli en 2016 l’exposition Métamorphoses de la scène. 70 ans d’histoire de scénographie à la Comédie-Française.

Pierre MONASTIER

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