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Rapport de l’UNESCO : la diversité des cultures est un levier économique

Rapport de l’UNESCO : la diversité des cultures est un levier économique
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L’UNESCO nous en apprend de belles ! Le secteur culturel est un véritable moteur économique de nos sociétés.

D’après un rapport intitulé « La culture dans le monde », présenté le 3 décembre dernier, les secteurs culturels et créatifs génèrent 2250 milliards de dollars, soit 3 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, et emploient 29,5 millions de personnes (1 % de la population active dans le monde). Les revenus des secteurs culturels et créatifs dépassent ceux des services de télécommunications et emploient plus d’effectifs que l’industrie automobile de l’Europe, du Japon et des États-Unis réunis (29,5 millions d’emplois contre 25 millions).

On sait que, dans notre pays où l’on cultive la différence, les métiers de la culture n’ont pas toujours bonne presse, en particulier lorsqu’il est question des professionnels qui travaillent sous le statut d’intermittents.

La culture est riche de sa diversité

Mais au-delà de cet aspect circonscrit, qui situe quand même l’affligeant regard que portent les « utilitaristes » du MEDEF sur le rôle de la culture en France et dans le monde, nous sommes frappés par certains accents de ce rapport : il insiste notamment beaucoup sur la diversité et les richesses portées par les multiples civilisations, dont bon nombre d’entre elles sont plus que millénaires. Autrement dit, ce rapport, qui constitue un panorama des secteurs culturels et créatifs, nous rappelle les limites souhaitables de la mondialisation : la richesse du domaine culturel est constituée de la diversité et de la différence.

L’UNESCO fait bien de rappeler (peut-être sans le vouloir) ce que nous devrions considérer comme des évidences : un métissage mondial forcé conduirait à un déracinement des peuples et à une créativité de plus en plus réduite à une production uniforme (« American way of life ») qui a déjà cours en Occident. Il existe encore aujourd’hui des lieux dans le monde où la culture est vécue et partagée par tout un peuple, du plus pauvre au plus aisé, tandis que dans nos régions de surconsommation, elle devient un moment de divertissement pour public érudit et se trouve enfermée dans des musées ou des « temples » réservés, ouverts en soirée.

Que la culture soit aussi une composante de l’économie mondiale, et que ce soit attesté, est une excellente chose, même s’il paraît difficile de délimiter de façon précise ce qui relève de la culture de ce qui n’en relève pas, dans chaque société. Mais pour ce qui est de la pure création artistique faisant appel aux quatre matières artistiques de base, augmentées du cinéma et l’audiovisuel, quand bien même elle serait portée par l’ambition de l’universalisme (ce qui est aussi la définition du langage culturel d’où qu’il vienne et par lequel, au-delà des nationalités, voire même au-dessus, la communication s’établit entre les peuples), si elle ne puise pas dans les racines de ces mêmes peuples, la culture devient alors factice, marchande et égomaniaque.

Olivier FRETTOIS

 

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