Gottfried von der Goltz, premier violon et chef du Freiburger Barockorchester, revient pour un nouvel opus consacré aux sonates pour violon du jeune Telemann, à l’origine accompagnées au clavecin, et édité par Aparté music. Selon le claveciniste Torsten Johann, « les œuvres ici présentées peuvent être définies comme des pièces de caractère par excellence ».

Dossier de presse

PRÉSENTATION

Gottfried von der Goltz, premier violon et chef de l’excellent Freiburger Barockorchester, revient pour un nouvel opus consacré aux sonates pour violon du jeune Telemann, à l’origine accompagnées au clavecin.

Guère enregistrées, surprenantes dans leur forme, mais encore plus par la liberté de jeu et d’ornementation qu’elles offrent aux musiciens, ces sonates, publiées à Francfort en 1715, témoignent de l’exceptionnelle richesse créative déjà contenue dans l’œuvre de Telemann.

Fin connaisseur des goûts français et italien, le compositeur fait preuve d’une rare délicatesse et déploie sa remarquable veine mélodique, dont les contours annoncent le style galant à venir.

Gottfried von der Goltz s’impose ici en expert de Telemann, et présente une interprétation à l’image de ces pièces : riche et inventive.

L’OPUS 1 DE TELEMANN

Georg Philipp Telemann (1681-1767) fut le compositeur le plus important de son temps. Son oeuvre comprend tous les domaines de la musique instrumentale, de nombreux cycles de cantates sacrées, de la musique vocale profane et d’église, ainsi que de nombreux oratorios et opéras. Jusqu’à un âge avancé il composa une musique qui sut toucher son public, tout en l’enthousiasmant et le divertissant au plus haut niveau. Et ceci qu’il fut employé à la Cour, aux offices religieux ou en tant que Directeur de la Musique à Hambourg.

En plus de ses talents musicaux, Telemann était cultivé et raffiné. Il entreprit des études de droit à Leipzig et possédait également un bon sens des affaires. Il publia nombre de ses oeuvres à compte d’auteur et créa une série d’abonnements pour diverses pièces de musique de chambre qui étaient livrées périodiquement. Tout comme son bon ami Georg Friedrich Händel, Telemann fut un compositeur d’opéra admiré dès son plus jeune âge. Toutefois, sa première oeuvre publiée, son opus 1, fut une collection de sonates pour un instrument soliste. Ici sont présentées celles intitulées Six sonates à violon seul, accompagné de Clavessin. Elles sont dédiées à son élève le prince de Saxe-Weimar et furent publiées en 1715 alors qu’il était organiste à Francfort-sur-le-Main. Il s’agit de six compositions de structures différentes, comportant des mouvements plutôt courts. Une moitié de ces oeuvres a pour forme celle typique de suite à la française, avec allemande, courante, sarabande et gigue, l’autre moitié suit un schéma classique de sonate comprenant la séquence adagio, allegro, largo, allegro.

Presque tous les mouvements de ces sonates sont monothématiques, plongeant interprètes et auditeurs dans un climat émotionnel particulier, puis éclairant cet état d’âme sous différents angles. La première sonate en sol mineur pourrait être un hommage à une sonate d’église dans le style de Corelli. Les lignes de basse caractéristiques dans le premier mouvement et les motifs fugués du second mouvement sont suivis d’un andante expressif puis de l’usuel allegro final en 12/8. Telemann déploie ici tous ses atouts dans un espace limité : des mélodies chantantes, une harmonie agréable aux tournures surprenantes et un sens infaillible du timbre de l’instrument.

Les sonates numéro deux, cinq et six de la collection prennent la forme d’une suite et on pourrait penser que le musicologue Johann Mattheson avait cette musique en tête lorsqu’il décrivit les caractères des danses dans son traité Der vollkommene Capellmeister, Hamburg, 1739 [Le parfait Maître de Chapelle, Hambourg, 1739] : « L’allemande constitue à vrai dire une harmonie brisée, sérieuse et élaborée, à l’image d’un esprit satisfait et apaisé qui se nourrit de bon ordre et de paix […] Au violon, elle [la courante] n’a presque aucune limite et cherche plutôt à pleinement justifier son nom par une course perpétuelle… la sarabande […] ne cherche à exprimer d’autre passion que la révérence […] les gigues ont habituellement pour caractéristique un élan passionné et fugace, une colère qui passe bientôt ». La troisième sonate en si mineur commence par un dialogue entre la ligne du soliste et le continuo, dans un mouvement idyllique de sicilienne qui se poursuit au même rythme dans l’allegro suivant. L’andante dans un caractère d’arioso est suivi d’un concerto en miniature dans le dernier mouvement. Le premier mouvement de la quatrième sonate en sol majeur suit également le principe de dialogue. Dans le second mouvement, Telemann réintroduit le thème en mineur dans la partie B, un effet qui annonce un traitement et un développement de celui-ci d’une manière moderne. Tandis que le troisième mouvement est à nouveau très chantant, le quatrième prend la forme d’une fantaisie. Telemann publia au cours de sa vie quelques douzaines de sonates pour violon, dont les Sonate metodiche, op.13, 1728 [Sonates méthodiques, op. 13, 1728] et les XII Solos à Violon de 1734.

Dans les collections plus tardives, les mouvements de sonates individuels deviennent plus étendus et exigent une grande virtuosité. Cependant son opus 1 évoque davantage les « Pièces de… Violon… Viole… Clavessin… » typiques de cette époque en France. Chaque mouvement comporte ici et là un narratif émotionnel développé. En ce sens, les œuvres ici présentées peuvent être définies comme des pièces de caractère par excellence.

Torsten Johann

TITRES

Georg Philipp Telemann (1681-1767)
Sonata no.1 in G minor
Sonata no.2 in D major
Sonata no.3 in B minor
Sonata no.4 in G major
Sonata no.5 in A minor
Sonata no.6 in A major

RENSEIGNEMENTS

Gottfried von der Goltz, violon de Paolo Antonio Testore, Milan, ca. 1720.
Torsten Johann, clavecin d’après Ruckers, Titus Crijnen, Amsterdam, 2001 et orgue positif d’Hendrik Ahrend, Loga, 2006.
Thomas C. Boysen, théorbe de Hendrik Hasenfuss, Meissen 2007.
Annekatrin Beller, violoncelle de Klotz-Schule, Mittenwald, XVIIIe siècle

Enregistré par Little Tribeca à l’Ensemblehaus de Fribourg (Allemagne) du 15 au 18 mai 2018.
Direction artistique : Nicolas Bartholomée
Prise de son : Nicolas Bartholomée et Maximilien Ciup
Montage et mastering : Maximilien Ciup

Label : Aparté Music

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