C’est donc fini pour Roseanne ! La série la plus populaire des États-Unis, qui fête cette année sa dixième saison, vient brutalement d’être arrêtée par la chaîne américaine ABC. Pourquoi ? En raison d’un tweet apparemment raciste de sa vedette, Roseanne Barr.

Dans la nuit de lundi à mardi, la comédienne Roseanne Barr écrit un tweet – aujourd’hui supprimé – contre Valerie Jarrett, ancienne conseillère de Barack Obama : « les Frères musulmans et la Planète des singes ont eu un bébé : vj ».

Les réactions outrées s’ensuivent aussitôt, de Channing Dungey, présidente du divertissement chez ABC, à Bob Iger, PDG de Disney, en passant par l’actrice et productrice Wanda Sykes. L’avis collectif est que ce tweet est à connotation raciste. ABC annonce aussitôt que la série Roseanne est dorénavant annulée.

Sous une intense pression médiatique, Roseanne Barr a très rapidement présenté ses excuses : « Je m’excuse auprès de Valerie Jarrett et de tous les Américains. Je suis désolée d’avoir fait cette mauvaise plaisanterie sur sa politique et son apparence. J’aurais dû faire attention. »

Tweet Roseanne Barr sur Valerie Jarrett

Du singe à l’homme : pourquoi parler de racisme ?

L’affaire a évidemment pris de l’importance du fait de l’appui de Roseanne Barr à Donald Trump. De nombreux soutiens se sont néanmoins élevés en faveur de l’actrice au motif notamment que, Valerie Jarrett n’étant pas noire, Roseanne Barr ne pouvait avoir une intention directement raciste ; un montage photographique s’amuse même à montrer que l’actrice serait plus noire que la politicienne.

D’autres affirment que l’allusion au singe ne peut constituer une parole raciste pour deux raisons : d’une part la majeure partie de notre ADN (plus de 90 %) est commune, d’autre part l’homme n’est qu’un animal parmi d’autres. Si l’être humain ne saurait être supérieur à l’animal, mais davantage un cousin, comment considérer le tweet comme une insulte ? Et de conclure qu’il s’agit d’une simple blague.

Si les arguments sont éminemment discutables, il en est un qui provoque bien des remous outre-Atlantique : le fait que de nombreux démocrates aient relayé des tweets montrant Donald Trump en parallèle avec différents singes. La possibilité d’une telle comparaison relèverait alors, non pas d’un acte raciste, mais d’une position idéologique variable, associant caractéristique physique et positionnement politique.

Si les grands médias ont unanimement condamné Roseanne Barr, au motif qu’elle soutient Donald Trump, il reste que la comparaison de tout être humain avec un singe sous les motifs du physique et d’un désaccord politique – qu’elle vienne d’un démocrate ou d’un républicain – n’a pas fini de faire débat, aux États-Unis, en France (on se souvient de la caricature de Christiane Taubira par le journal Minute) et ailleurs.

Brice WATTEZ

Correspondant Amérique du Nord

Donald Trump Valerie Jarrett singe racisme