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Auteur : Frédéric Dieu

« Quand j’aurai mille et un ans » de Nathalie Papin ou ce qui manque à l’homme augmenté

Auteure d’une vingtaine de pièces de théâtre publiées aux éditions de L’école des loisirs, Nathalie Papin est une figure majeure de ce que l’on appelle la « littérature jeunesse » et au sein de celle-ci, particulièrement, du théâtre à destination de la jeunesse. Mais l’on peut heureusement, bien qu’ayant cessé de se compter parmi elle, apprécier l’écriture de Nathalie Papin. Il en va ainsi pour l’une de ses dernières pièces (avec Le Gardien des ombres), Quand j’aurai mille et un ans, qui fait se rencontrer deux enfants au milieu d’une station sous-marine plongée dans l’obscurité des profondeurs de l’océan....

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« Légende d’une vie » de Stefan Zweig : cap au père

Les éditions Dacres, dans la collection Les Quinquets dirigée par Patricia Hostein, rééditent La Légende d’une vie, pièce de théâtre de Stefan Zweig (1881-1942) publiée pour la première fois en 1919, dont Michael Stampe a donné une version scénique à l’occasion de sa création, au début de cette année, au centre national de création Orléans-Loiret. Une pièce intense Avec la grande finesse psychologique, l’attrait pour les personnages fiévreux et la mise en scène des retournements spectaculaires (qui le sont parfois trop) qui lui sont propres, Stefan Zweig livre une pièce intense, grâce à la tension, qui peut être un...

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« Rouge neige » de Jean-Pierre Cannet, une clownerie onirique

Jean-Pierre Cannet, auteur prolifique (romans, poésie, nouvelles, quinze pièces de théâtre), consacre sa nouvelle pièce, créée le 30 janvier 2018 à Pau, à un dialogue d’une inventivité toute clownesque. Il confronte Georgiu, le patron d’un café désaffecté, à ciel ouvert (la neige passant à travers son plafond crevé tombe sur le comptoir), et son garçon de café, Zig, fils des anciens propriétaires, du temps où le café n’était pas désaffecté. L’intrigue est minimale, tissée seulement d’improbables visites : la mère disparue de Zig, un militaire tombé du toit Maria Callas (!)… Ce sont plutôt le silence et la solitude qui...

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Un Macbeth intermittent

S’appuyant sur la nouvelle traduction que Daniel Loayza et lui-même en ont donné, traduction publiée aux éditions Les solitaires intempestifs, Stéphane Braunschweig nous livre un Macbeth qui, à défaut d’emporter l’adhésion et de susciter l’enthousiasme et malgré le détachement et l’apathie souvent incongrus du personnage principal, réinterroge efficacement cette œuvre majeure de Shakespeare. La confrontation entre le destin et la liberté y est centrale : l’ambition dévorante de Macbeth et de son épouse en est le terrain d’affrontement. Et, à la fin, la sentence tombe : il n’est pas libre celui qui a préféré se rêver un destin que vivre humblement...

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Naître et faire naître, par la photo, sa ville natale et soi-même…

Née en Corée du Sud mais adoptée dès l’âge de quatre mois par une famille française, Elisa Haberer est photographe. Axé sur le portrait, son travail photographique est volontiers narratif. Il l’est ici tout particulièrement puisque les photographies présentées résultent des trois séjours qu’elle a effectués en 2014 et 2015 dans sa ville natale, Gyeongju. La grande originalité du livre est de joindre à ce récit photographique un récit écrit par Simon Hatab, dramaturge travaillant à l’Opéra national de Paris, qui relate la genèse et la réalisation du projet photographique. Les photographies d’Elisa Haberer se déploient en une progression...

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« Fugato » d’André Lorant : une composition artificielle et inaboutie

André Lorant, d’origine hongroise, s’est réfugié en France à la fin des années 50. Il y est devenu un éminent spécialiste de Balzac, dirigeant en particulier l’édition, dans la Bibliothèque de la Pléiade, de plusieurs des romans de la Comédie humaine. André Lorant est également traducteur de William Shakespeare (Hamlet) et passionné d’opéra. C’est en cette dernière qualité qu’il nous livre un roman, plus précisément un « opéra-roman », ayant pour sujet la relation amoureuse entre un metteur en scène d’opéra « d’âge mur » et une jeune violoniste de quarante ans sa cadette. Ayant surtout pour sujet, en réalité, les sentiments, émotions...

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L’homme brûlé de Christophe Tostain ou le prochain qu’on ne voulait pas (être)

Comment en vient-on à brûler un homme parce qu’il est étranger, différent, pas pareil ? Progressivement, pas à pas, presque naturellement semble dire Christophe Tostain dans sa pièce, L’homme brûlé, publiée aux éditions Espaces 34. Comme en écho à la banalité du mal si bien montrée par Hannah Arendt. Progressivement, à mesure que se diffuse, comme une maladie, un discours de haine et de mort et que se rétracte, parallèlement, la mémoire des grands crimes de l’histoire. Il y a donc, dans la pièce de Christophe Tostain, le cancer de la xénophobie, sa fatale dynamique, et le drame de l’oubli...

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« Imitation de la vie » d’Antoine Mouton : ailleurs la vraie vie ?

Imitation de la vie est le deuxième roman d’Antoine Mouton, après Le metteur en scène polonais. Le lecteur qui veut dire la valeur d’un livre lu peut, nous semble-t-il, se fier à son palais. Un moyen pas plus mauvais qu’un autre est en effet de sentir le goût que le livre a laissé dans le palais, puisque lire est aussi bien se nourrir de mots. .. Dans le cas d’Imitation de la vie, nous dirions que l’entrée en bouche est plutôt amère et confuse mais qu’ensuite se diffuse dans le palais une certaine sympathie, pour l’auteur, le ton de...

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« Quand toute la ville est sur le trottoir d’en face » de Jean Cagnard : un voyage en toxicomanie, au pays du manque

Romancier, nouvelliste, poète et auteur d’une quinzaine de pièces de théâtre, Jean Cagnard, fondateur de la compagnie 1057 Roses, mène son lecteur jusque dans la voix et le cerveau d’un toxicomane séjournant, plus exactement résidant, dans un centre thérapeutique dit aussi de désintoxication. La pièce est faite des monologues de ce résident mais aussi, heureusement, de paraboles du dialogue entre celui-ci et l’éducateur, qui représente à lui seul le monde normal, sain, « clean », le monde de l’autre côté du trottoir. Si elle s’égare parfois, et égare avec elle le lecteur, dans la cérébralité du toxicomane et l’idéalisation de la toxicomanie, Quand...

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« Le Néther » – Jennifer Haley met l’amour à l’épreuve de l’infernale virtualité…

Auteure dramatique américaine vivant en Californie, Jennifer Haley a écrit cinq pièces de théâtre. The Nether est sa deuxième pièce publiée en français, aux éditions Espaces 34, dans une traduction d’Emmanuel Gaillot. Le style est vif, les dialogues et la narration convaincants, les enjeux parfaitement exposés, mais certains personnages manquent de crédibilité, de chair dirions-nous. Est-ce parce qu’ils se meuvent en grande partie dans un espace virtuel ? Jennifer Haley nous emmène dans un monde qui est pour « bientôt », un monde où le virtuel a irrépressiblement gagné du terrain sur le réel. On devine déjà ce nouveau monde : « Quatre-vingts pour...

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