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Prix Collidram – Près de 1 800 collégiens face à 4 textes de théâtre exigeants

Prix Collidram – Près de 1 800 collégiens face à 4 textes de théâtre exigeants
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L’association Postures annonce aujourd’hui les quatre textes nominés pour le prix Collidram 2018. Près d’une soixantaine de classes, soit 1 800 collégiens, se retrouveront cette année confrontés à des thématiques fortes : la mort de l’enfant avec Suzanne Lebeau, la misère avec Samuel Gallet, l’avenir d’un jeune avec Magali Mougel et l’état d’urgence avec Philippe Gaultier. Une sélection enthousiasmante et particulièrement exigeante.

L’association Postures œuvre avec succès, depuis près de dix ans, pour l’éducation artistique et culturelle en milieu scolaire. Si elle vient d’annoncer la suspension de l’inédiThéâtre dans les lycées, faute de financements suffisants, ce n’est pourtant pas faute de voir son activité s’accroître au fil des années : près de soixante classes participeront cette année au prix Collidram, prix collégien de littérature dramatique, contre 35 l’an dernier.

1 800 livres achetés

Sur les vingt-quatre textes reçus, tous publiés entre juin 2016 et juin 2017, une petite dizaine est parvenue jusqu’au dernier tour, avant la sélection finale. Le jury, composé d’une vingtaine de personnes – des enseignants, des intervenants, des compagnies, des représentants de structure partenaires, comme le théâtre Jean Arp à Clamart, Le Moulin du Roc – scène nationale à Niort, des représentants de certains départements, notamment les ADDA en Occitanie, qui financent le projet –, s’est réuni le 6 septembre dernier

Les quatre textes nominés proviennent de trois maisons d’éditions différentes :

En tout, cela représente 1 800 livres achetés (un par élève), soit 450 exemplaires de chaque pièce – une véritable aubaine pour les éditeurs.

Un juste équilibre entre écriture et thématique

« Les quatre textes sélectionnés cette année portent une thématique très forte, ancrée dans la société d’aujourd’hui, constate Pascale Grillandini. Mais la thématique ne doit pas empêcher de parler du texte, comme cela arrive malheureusement trop souvent. »

Comme Delta Charlie Delta de Michel Simonot (publié chez Espaces 34), lauréat du prix Collidram 2017, qui allie une écriture forte et une thématique puissante. « Dans la dernière pièce lauréate, la forme était effectivement aussi forte que la thématique, reconnaît la directrice artistique et coordinatrice de Postures. Nous ne pouvions donc que parler du théâtre, sous tous ses aspects. »

Deux de ses auteurs ont déjà fait l’objet d’une nomination : Samuel Gallet, avec Communiqué n°10 (Espace 34), en 2012 et Suzanne Lebeau, qui remporta le prix en 2010 avec Le bruit des os qui craquent (éditions Théâtrales).


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De la mort de l’enfant à l’avenir d’un jeune…

Suzanne Lebeau propose tout un cheminement sur la question de la mort d’un enfant, ultimement sur son acceptation. « Nous avons été très émus par cette pièce, raconte Pascale Grillandini. C’est gonflé d’aborder le thème de la mort d’un enfant, car cela reste un tabou, surtout en milieu scolaire. L’écriture de Suzanne est toujours très précise, tout en laissant une place à l’émotion, sans complaisance ni racolage. »

La bataille d’Eskandar de Samuel Gallet a fait l’unanimité. « Nous avons été bluffés par ce texte, à l’écriture économe, sur le thème de la misère. Samuel Gallet privilégie un ton décalé, qui oscille entre la science-fiction et le théâtre. Il a construit une vraie dramaturgie, complexe mais non confuse, qui demande de s’y coller ! »

Quant au texte de Philippe Gaultier, il présente l’intérêt de s’adresser à un large éventail d’âges, de l’école primaire jusqu’à la fin du collège. « C’est un texte intéressant sur l’état d’urgence vu à hauteur d’enfants… Il y a, ici aussi, un petit aspect de science-fiction, du fait que la situation ne soit pas exactement réelle. Son écriture est également très économe, voire pudique par endroits dans l’expression des émotions. »

Quant à Magali Mougel, si elle a fait l’objet de lectures dans le cadre de l’association Postures, elle n’avait jusqu’à présent jamais été sélectionnée. « Il y a dans sa dramaturgie une forme d’audace, qui décale les formes pour repousser les idées préconçues. Dans The Lulu Projekt, elle s’attaque à l’idée d’avenir chez un jeune. »

Et Anne Marenco, directrice de projets et intervenante au sein de l’association Postures, de conclure : « À part le texte de Suzanne Lebeau, qui nous place dans un univers plus réaliste, les trois autres nous emmènent dans des mondes décalés, parfois étranges, très porteurs d’images et d’imaginaires ».

La compagnie Ariadne d’Anne Courel organisera la remise de prix au Théâtre Nouvelle Génération de Lyon, à l’occasion du 1er juin des écritures théâtrales.

Pierre MONASTIER


Parce que les initiatives de l’association Postures nous semblent particulièrement importantes pour notre temps, Profession Spectacle a décidé de devenir l’un des partenaires privilégiés du prix Collidram : entretiens avec les auteurs, témoignages d’enseignants et d’enfants…



Photo de Une – crédits : Postures



 

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