Gabriel Fauré crée, à travers les doigts de Camille Saint-Saëns, ses 2e et 3e impromptus pour piano à la Société nationale de musique. Des œuvres charmantes, à jouer « comme un poème tendre et passionné, sans pluie de perles, sans cataracte d’accords, sans brio foudroyant ». Rien que ça !

Ce 10 janvier 1885, Gabriel Fauré crée, à travers les doigts de Camille Saint-Saëns, ses deuxième et troisième impromptus pour piano à la Société nationale de musique. Le deuxième est l’un des plus célèbres, avec ce rythme de barcarolle que beaucoup de pianistes sont tentés de jouer à pleine vitesse et avec force effets. Pourtant, sa dernière compagne, Marguerite Hasselmans, disait qu’il le jouait « comme un poème tendre et passionné, sans pluie de perles, sans cataracte d’accords, sans brio foudroyant ».

Je n’en ai malheureusement pas trouvé trace par Fauré lui-même pour nous en donner une idée et je ne suis pas sûr que l’interprétation fiévreuse de Kun Woo Paik corresponde bien à ce souvenir de M. Hasselmans, ni même d’ailleurs à ce qu’Émile Vuillermoz comparait aux « sauts gracieux de chamois ou de gazelle ». Le fait est qu’il est difficile de trouver une interprétation qui colle avec le souvenir de la compagne de Fauré.

Le même jour, il crée son troisième impromptu, très différent, moins virtuose, mais tout aussi charmant. Il fallait bien en choisir un des deux, faute de trouver un extrait qui ne contienne que ces deux-là (on en trouve qui englobent le premier) et ma paresse m’a fait prendre la seconde. Rien ne vous empêche d’aller écouter l’autre, notez bien !

Le deuxième impromptu est dédié à Mlle Sacha de Regina, dont je serais bien incapable de vous dire qui cela pouvait bien être (une élève du maître, je suppose) et le troisième à « Mme Eugène Brun », selon cette coutume ridicule et « effaçante » qui consiste à désigner les épouses par le prénom et le nom de leur mari.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »