Instant classique – 11 décembre 1852… 168 ans jour pour jour. Le Danois Niels Gade, dont l’œuvre influença une grande partie de la musique classique du nord, compose une symphonie, dans le prolongement de la joie de son mariage. Une fête qui, hélas, ne durera pas longtemps…

J’ai déjà eu l’occasion de vous dire l’importance que revêt l’œuvre du danois Niels Gade pour toute la musique dite classique qui nous est venue du nord. Après quelques temps passés à Leipzig où il avait enseigné et – excusez du peu – assisté Mendelssohn au Gewandhaus, il revient à Copenhague après la mort de ce dernier. Il bénéficie d’une réputation très flatteuse, portée également par un critique musical du nom de Robert Schumann, qui ne tarit pas d’éloges sur lui. Au Danemark, il devient ainsi, à trente-cinq ans, le patron de la société musicale de Copenhague, jusqu’à sa mort, presque quarante ans plus tard.

C’est dans ce cadre plutôt porteur et optimiste qu’il écrit sa cinquième symphonie. Optimiste et même heureux car, en avril 1852, il épouse Sophie Hartmann, fille d’un compositeur un peu oublié. C’est pour elle qu’il réalise cette belle partition, qui étonne le public lors de la première voici tout juste cent soixante-huit ans, car elle comporte – comme vous l’entendrez – une importante partie de piano, intégré dans l’orchestre, ce qui est fort inhabituel (mais pas unique). L’enregistrement que j’ai choisi pour vous présenter cette symphonie utilise d’ailleurs un piano assez léger, pour ne pas écraser le propos, et qui montre bien qu’il s’agit plutôt d’une insertion et non d’un « faux concerto ».

Le premier mouvement, qui n’a rien de triomphal, contient cependant une forme d’élan qu’illustre son thème principal, souvent réexposé. Le mouvement lent est plein de délicatesse et de douceur, avant que le scherzo ne fasse davantage scintiller le piano. Le finale, enfin, nous fait partager ce qui devait être la joie du compositeur, qui nous invite à une fête un brin solennelle peut-être. Fête qui sera hélas pour lui terriblement interrompue moins de trois ans plus tard, lorsque Sophie mourra en couches.

Le regretté Christopher Hogwood, à l’instar de Neeme Järvi, a laissé une intégrale des symphonies de Gade, auxquelles, comme ici, il donne beaucoup de corps et de couleurs.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »