11 janvier 1860… 158 ans jour pour jour. Pour ceux qui n’ont pas la chance de connaître la langue italienne, « scherzo » signifie « plaisanterie ». Dans l’histoire de la musique, le scherzo a donc d’abord traduit des moments plutôt détendus voire légers. Utilisé dans la musique vocale dès Monteverdi, le scherzo est ensuite venu s’imposer dans la musique symphonique, Haydn appelant ainsi certains de ses avant-derniers mouvements de symphonies, ordinairement dévolus aux menuets dans la symphonie classique.

Mais il s’agissait là surtout d’indications sur la manière de jouer, « scherzando ». 

Avec Ludwig van Beethoven et après lui, le scherzo prend une toute autre dimension. D’abord, il est le premier à l’intégrer en tant que tel dans ses symphonies (les 2 et 3e), toujours en avant-dernier mouvement ; et il en conserve à chaque fois l’esprit, les 3e mouvements étant toujours plus légers et même gais.

Plus tard, c’est la signification du terme lui-même qui s’efface un peu. Le scherzo est devenu davantage un tempo, mais pas forcément avec une atmosphère légère (cf ceux de Bruckner par exemple). D’autres enfin y ont placé des danses (Anton Dvořák ou Gustav Mahler).

En 1860, un tout jeune compositeur, Modeste Moussorgski, que les bâtisseurs du fameux groupe des Cinq – en particulier Balakirev – avaient pris sous leur aile, créait à Saint-Pétersbourg sous la direction d’Anton Rubinstein, un scherzo isolé, écrit pour lui-même, comme pièce unique. Cette petite composition remarquée revenait à l’esprit initial de légèreté et de fraîcheur si caractéristique des scherzi classiques…

Cédric MANUEL