Instant classique – 12 mai 1918… 102 ans jour pour jour. Nicolaï Medtner est un compositeur assez peu connu par ici, et donc très peu joué. Contemporain de Rachmaninov dont il était l’ami, il a consacré sa vie et ses très nombreuses composition au piano sous toutes ses formes.

Pianiste virtuose, il a quand même privilégié la composition, davantage que Rachmaninov, justement, qui avait une carrière de concertiste plus marquée. Avant la révolution de 1917, qu’il va fuir pour s’installer aux États-Unis, avant de revenir en Russie et de finalement choisir Londres, il passera sa vie à dénoncer ce qu’il considérait comme des outrances inutiles, vulgaires et anti-musicales (voire « hérétiques ») et c’est donc peu dire que pour lui, la musique s’arrête au XIXe siècle, et même assez tôt. Il ne s’en cachera jamais, jusqu’à écrire un essai virulent intitulé La muse et la mode, et toutes ses œuvres assumeront des formes et des choix tous tournés vers les siècles passés. En cela, il n’est d’ailleurs pas du tout éloigné de Rachmaninov, qui pensait peu ou prou la même chose.

Son premier concerto pour piano, créé à Moscou il y a juste cent deux ans aujourd’hui avec le compositeur au piano et Serge Koussevitsky à la baguette, se fait bien sûr l’écho de cette tendance assumée crânement, mais ce qu’on y entend, très romantique, ne manque pas pour autant toujours d’audace. Peut-être un peu de séduction, néanmoins.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »