Instant classique – 12 mars 1964… 57 ans jour pour jour. Benjamin Britten compose pour  le génial Rostropovitch une symphonie concertante pour violoncelle, qu’il dirige lui-même lors de sa création à Moscou. Un morceau de grande virtuosité.

On ne compte plus les partitions composées à l’attention spéciale de Rostropovitch, par Prokofiev, Chostakovitch, Bernstein et tant d’autres. Mais parmi les plus fidèles et attentionnés amis du grand violoncelliste, Benjamin Britten n’est pas en reste. Loin s’en faut. En 1963, il lui compose donc, non pas un concerto, mais une symphonie concertante pour violoncelle. Pour expliquer la différence, il faut être nettement plus savant que moi sur le sujet. Mais en gros, la symphonie concertante intègre l’instrument soliste dans l’orchestre en le distinguant spécifiquement, mais sans le mettre en avant autant que dans un concerto. Mais enfin, tout ça reste très subtil.

Cette partition, créée d’ailleurs à Moscou sous la direction de Britten lui-même, n’est pas réputée être la plus accessible de son auteur. Mystérieuse, complexe, elle repose sur la virtuosité (non concertante) du violoncelliste. C’est peu dire qu’ici, dans l’enregistrement de studio qui a suivi de quelques mois la création, Mstislav Rostropovitch démontre s’il en était besoin le génie qu’il est. Les mouvements étant enchaînés, l’adagio est un peu coupé dans son élan, si j’ose dire, mais ça ne gâche rien. Atmosphère irréelle garantie dans ce mouvement lent très acéré, mis en relief par la direction de Britten, dont il ne faut pas oublier qu’il était aussi un grand chef.

Cédric MANUEL

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