Il y a 29 ans mourait l’un des principaux compositeurs brésiliens : Camargo Guarnieri. Peu connu en France, pays où il s’est pourtant perfectionné, il a reçu en 1992 le prix Gabriela-Mistral le consacrant plus grand compositeur des Amériques. Une bonne raison de le découvrir, non ?

Ce pourrait être un très beau titre de roman, mais non. Il y a vingt-neuf ans mourait à São Paulo l’un des principaux compositeurs brésiliens – après Heitor Villa Lobos – en matière de musique dite classique, à quatre-vingt-sept ans : Camargo Guarnieri.

Comme son illustre aîné, il se perfectionne en France, auprès de Charles Koechlin, mais est tombé dans la musique à l’âge de dix ans (son nom complet est d’ailleurs Mozart Camargo Guarnieri). De retour au Brésil après son séjour parisien et un autre aux États-Unis, il dirige l’orchestre de São Paulo à partir de 1945 avant de travailler aux côtés du ministre de la Culture du gouvernement de Juscelino Kubitschek, le créateur de Brasilia, à partir de 1956. Il se consacre ensuite à la composition (on lui doit une œuvre assez prolifique) et à l’enseignement, mais aussi à la direction d’orchestre ; il crée en 1975 l’orchestre symphonique de l’Université de São Paulo.

L’une de ses dernières œuvres avant sa mort est son dernier concerto pour piano (le sixième), très court mais tout à fait intéressant par son rythme très brésilien et ses couleurs, dans un style très différent de celui d’un Villa Lobos, mais qui permettent de comprendre pourquoi il a reçu en 1992 le prix Gabriela-Mistral décerné par l’OEA le consacrant plus grand compositeur des Amériques.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »