13 juillet 1917… 104 ans jour pour jour. Frank Bridge quitte peu à peu les rives du romantisme pour s’aventurer aux limites de la tonalité. Ce changement est perceptible dans cette sonate, entre la première et la seconde partie, comme s’il voulait tracer une frontière entre deux mondes.

Felix Salmond et William Murdoch interprètent pour la première fois en public une œuvre commencée plusieurs années auparavant. Son auteur, Frank Bridge avait en effet esquissé cette sonate pour violoncelle et piano en 1913. C’est un peu un adieu. Bridge avait jusqu’alors placé son œuvre sous le signe du romantisme et du post-romantisme, influencé par Brahms notamment. Mais il est de plus en plus attiré par les expériences nouvelles, les limites de la tonalité.

Après la guerre et une longue maturation, il basculera totalement, mais dès cette sonate, le changement est perceptible entre la première partie, très romantique, et la seconde, plus complexe, qui regarde vers l’atonalité. D’ailleurs Bridge a finalement opté pour deux parties bien différentes plutôt que trois ou quatre mouvements comme il l’avait d’abord envisagé, comme s’il voulait tracer une frontière entre deux mondes.

C’est cette première partie, si belle, si noble, si séduisante, que je vous propose aujourd’hui et pas par n’importe qui : par les deux compères Rostropovitch au violoncelle et Benjamin Britten au piano, excusez du peu.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
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