Instant classique – 13 octobre 1908… 112 ans jour pour jour. Max Reger compose un long (presque une heure) concerto pour violon, qui connaît un échec cuisant. Il y a pourtant une science de l’orchestration et de l’harmonie qui méritent le détour sans qu’il soit besoin de s’y attarder car d’autres œuvres de Reger sont plus intéressantes.

Max Reger (1873-1916) est un compositeur allemand important de l’entre-deux siècles. Mais voilà, il a mauvaise réputation. Non pas à cause de ce qu’il était, chef d’orchestre respecté et surtout pédagogue de premier ordre, mais à cause de sa musique, qui n’a jamais réussi à s’imposer vraiment, malgré l’admiration de grands contemporains ou successeurs, comme Schönberg, Hindemith (qui parlait de lui comme le « dernier géant de la musique ») ou Honegger.

Il faut dire que le principal reproche qui lui est fait est lié aux caractéristiques de ses œuvres, assez austères, mais grasses dans leur orchestration, un peu indigestes. Ce qu’on pardonne encore toujours à Richard Strauss, grand adepte de la crème entière 80 %, on ne l’a jamais pardonné à Reger qui, pour être tout aussi talentueux, n’en avait pas pour autant les géniales intuitions.

En 1907-1908, il compose un long (presque une heure) concerto pour violon, pour le violoniste français Henri Marteau, qui le créée voici juste cent douze ans au Gewandhaus de Leipzig, sous la direction d’Arthur Nikish.

L’échec est cuisant, tout la presse lui tombe dessus à de rares exceptions près. Des collègues lui suggèrent de simplifier un peu la partition, ce qu’il refuse tout net : « Non, c’est impossible. J’y ai beaucoup pensé. L’œuvre est et reste un monstre. » Le grand violoniste Adolf Busch, qui l’avait pourtant joué et qui le défendait, ira lui aussi de ses corrections après la mort du compositeur.

Max Reger voulait par cette œuvre rendre hommage à la grande tradition allemande, en particulier celle de Johannes Brahms. Il a surtout fait du Reger. Il n’y a pas de grandes envolées, ni de grands moments lyriques ou héroïques, mais une science de l’orchestration et de l’harmonie qui méritent le détour sans qu’il soit besoin de s’y attarder car d’autres œuvres de Reger sont plus intéressantes.

Cédric MANUEL

 



Un jour… une œuvre musicale !
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