Instant classique – 14 mars 1824… 194 années jour pour jour. Franz Schubert n’avait plus composé de quatuor depuis quatre ans en ce début de 1824. Après son cycle de mélodies La Belle meunière, il voulait se consacrer à la symphonie.

Il allait pourtant composer les trois plus grands quatuors de sa courte vie, entre 1824 et 1826. Lorsqu’il se met au travail, pour celui qui nous occupe aujourd’hui et qui est son 13e, Franz Schubert sort d’une très mauvaise passe et essaie de surmonter une profonde dépression en se raccrochant à des thèmes anciens. Il reprend donc des motifs de sa musique de scène Rosamunde, écrite quelques années plus tôt, de même que ceux d’un lied daté de 1819.

L’œuvre, très rapidement écrite, est donnée pour la 1ère fois ce 14 mars 1824 au Musikverein de Vienne, avec un ensemble réuni par le dédicataire du quatuor, le violoniste Ignaz Schuppanzigh. Le succès est au rendez-vous, ce qui permet de publier l’œuvre dans la foulée.

Il y a beaucoup de nostalgie dans ce quatuor, qui laisse surtout ressortir la tristesse. Les tentatives de Franz Schubert pour sourire un peu – dans les 3e et 4e mouvements – sont pâles, comme s’il n’y croyait pas.

Le second mouvement « Andante », le plus connu, reprend donc la musique de scène de Rosamunde, d’où le titre (apocryphe) donné au quatuor. C’est une mélodie très tendre où se résume toute la douce mélancolie du compositeur.

Cédric MANUEL

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