Nous fêtons aujourd’hui les 261 ans de Luigi Cherubini, que Beethoven considérait comme le « meilleur compositeur de son temps ». Cherubini « le magnifique » (dixit Schumann), bien que né en Italie, a fait la majeure partie de sa carrière en France, survivant à tous les régimes politiques français et en y tirant grand profit.

On finirait presque par oublier que Luigi Cherubini est né en Italie (qui a dit : « On finirait même par oublier Cherubini lui-même » ? Eh oh, du calme, hein !), lui qui passe l’essentiel de sa vie en France entre 1786 et 1842 et où il deviendra pendant vingt ans le redoutable et redouté directeur du Conservatoire. Eh bien non, Luigi Carlo Salvatore Zanobi Maria Cherubini (ouf !) est bien né à Florence un 14 septembre (ou le 8 septembre, on ne sait pas très bien et l’intéressé non plus…).

Son père Bartolomeo est un claveciniste renommé dans la capitale toscane et il va presque de soi que très tôt, dès l’âge de six ans, le petit Luigi commence à nager comme un poisson dans l’eau parmi les notes, les rondes et les croches. À treize ans, il a déjà composé nombre d’œuvres religieuses, dont il sera plus tard l’un des plus grands spécialistes avec de magnifiques messes (en particulier de somptueux Requiem). Grâce à une bourse du Grand-duché de Toscane, son père l’envoie à dix-huit ans compléter sa formation à Bologne, puis à Milan et Venise avec Giuseppe Sarti.

À vingt-quatre ans, Cherubini décide de se tourner vers l’art lyrique et de tenter sa chance à Londres, sans succès. Lors d’un voyage en France au même moment, il est présenté à la reine Marie-Antoinette par le grand violoniste Viotti. La reine lui commande alors un opéra qui lance sa carrière pour de bon, Démophon, créé en 1788. Sa carrière, sur laquelle les grands événements qui vont suivre n’auront aucune prise au contraire ! Il tirera grand profit de tous les régimes successifs est lancée.

On sous-estime beaucoup trop aujourd’hui l’importance de l’œuvre de Cherubini, qui témoigne souvent d’un métier très sûr et d’une grande vivacité dans tous les genres abordés. Berlioz, avec qui il eut tant de démêlés au Conservatoire, considérait qu’il était finalement « un modèle sous tous les rapports ». Beethoven, modeste, voyait en lui le « meilleur compositeur de son temps » et Schumann ajoutait le qualificatif de « magnifique » lorsqu’il parlait de lui.

Je pourrais vous donner de nombreux exemples de ce fabuleux talent un peu oublié (à part son immortelle Médée, dont l’ouverture est incandescente). Voici par exemple l’ouverture tout à fait fascinante de ce premier opéra important dont je parlais, Démophon. Vous m’en direz des nouvelles…

Cédric MANUEL

À la Une : portrait de Luigi Cherubini par Dominique Ingres



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »