15 mai 1949… 72 ans jour pour jour – Sans être un chef-d’œuvre interplanétaire, l’étonnant concerto pour bois, harpe et orchestre de Paul Hindemith est très allègre, tout à fait accessible et plutôt réjouissant. Alors, ne mégotons pas notre plaisir !

Je vous ai déjà parlé de Paul Hindemith, grand compositeur du XXe siècle assez peu considéré et pourtant considérable. On associe souvent son nom à « lourdeur », voire mauvais goût, d’autant qu’il aimait bien la musique de Max Reger, ce qui suffit à faire de lui un avatar de ce dernier. Disons le tout net : c’est injuste. Certes, Hindemith n’est pas toujours très accessible, ni toujours très léger, c’est vrai. Mais c’était un touche à tout, un boulimique qui s’intéressait à tous les instruments et a donc cherché à écrire pour chacun d’entre eux.

Lorsqu’il réalise son étonnant concerto pour bois, harpe et orchestre, voici juste soixante-douze ans, il est devenu citoyen américain (il avait fui le nazisme pour se réfugier en Suisse avant d’émigrer outre-Atlantique en 1940). Il bénéficie aux États-Unis de l’aide de fondations prêtes à financer de nouvelles créations et enseigne pendant treize ans à Yale. C’est la fondation Alice M. Ditson qui lui commande ce concerto assez inédit dans son format (il avait déjà écrit pour cuivres et harpe par exemple). Il est créé voici 70 ans aujourd’hui au Théâtre académique McMillan de l’Université Columbia, par l’orchestre de la CBS dirigé par Thor Johnson.

Évidemment, on ne criera pas au chef-d’œuvre interplanétaire ni au génie intersidéral. Mais ce petit concerto en trois mouvements (comme il se doit), assez bref, est très allègre, tout à fait accessible et plutôt réjouissant. Ne mégotons pas notre plaisir : il n’y a pas de mal à se faire un peu de bien. J’espère donc qu’il vous plaira.

Cédric MANUEL



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Rubrique : éphéméride